Benjamin Chulvanij : “Nous, qui avons le pouvoir de signer, on doit prendre des risques, sur des projets plus rap…” – Interview exclusive dans le magazine R.A.P. R&B spécial Def Jam !

Pour son numéro spécial Def Jam France actuellement chez tous les bons marchands de journaux, le magazine R.A.P. R&B a longuement interviewé Benjamin Chulvanij, personnage incontournable et influent de l’industrie de la musique et notamment du rap game depuis le début des années 1990, aujourd’hui patron du label Def Jam France. Dans cette édition collector consacrée au mythique label américain Def Jam – dont le bureau français a ouvert en 2011 – et ses artistes (français et américains), le “Chinois” comme l’appelle certains revient -sans langue de bois- sur son parcours unique, parfois controversé. Une aventure que ce passionné de musique débute comme coursier, avant de lancer un des labels rap français les plus charismatiques, Hostile Records (avec sa fameuse compilation, Hostile hip-hop), signant en maisons de disques des artistes phares de cette scène, de Rohff à Diam’s… Aujourd’hui, il défend les couleurs du label américain légendaire (Rihanna, Drake, Jay Z, Lil Wayne, Nicki Minaj…) sur le territoire français, avec des signatures locales allant d’IAM à Lacrim et Alonzo, de Kool Shen à Sch, Kaaris ou encore Dosseh… Suivez le guide !

COUVE DEFJAM

L’interview commence comme ça :

R.A.P. R&B : Dans le milieu de la musique, on t’appelle Le chinois. Pourquoi ?
B. Chulvanij : Parce que je suis asiatique et que quand t’es asiatique, le raccourci facile, c’est de dire Le chinois, mais je suis thaïlandais. Français et thaïlandais. Chulvanij, c’est pas serbe ou yougoslave, c’est thaïlandais, ça se dit Tchoulawanit. Mon prénom, c’est Dharmanoun, ça veut dire : Constitution. N’en déplaise à ceux qui pensent que je suis juif… Oumar (Directeur Artistique chez Def Jam Recordings France, Ndlr) s’est fait insulter avec des phrases du genre : “Tu travailles pour ce sale juif.” Mais non! Je suis désolé de décevoir les excités de l’antisémitisme (rires), moi, je suis bridé, pas coupé…  Et Benjamin, c’est mon prénom occidental. C’est Kenzy (du Secteur ä, Ndlr) qui m’appelait Le chinois.

R.A.P. R&B :  On dit que tu es arrivé dans le milieu de la musique en tant que coursier. Ce n’est pas une légende ?
B. Chulvanij : Non, en fait, j’étais coursier et en parallèle, je montais des soirées. La journée, je bossais. J’ai eu à élever ma belle-fille, très jeune donc j’ai tout de suite voulu gagner de l’argent. Mais si j’avais été célibataire, je crois que j’aurais quand même voulu gagner de l’argent (rires)… J’avais une passion pour le dancehall, le métal et le rap. J’ai produit des groupes de métal com-me Kickback qui sont d’une violence extrême, d’autres de rap, de reggae, tous les trucs où il y avait une attitude. Jusqu’à ce que je parvienne à m’incruster chez Labelle Noir, le 1er label de rap français. J’arrive à la fin de Rapattitude 1 et au début du 2. Je fais mes classes chez Delabel tenu par De Buretel (actuellement patron de Because Music, Ndlr). Je vois qu’il n’y a personne du rap dans leur maison de disques. Ils n’y connaissent rien. Puis, je commence à être manageur de Tonton David qui est sur Labelle Noir. On fait un album qui s’appelle Allez leur dire. Là, je fais partir Tonton David de Labelle Noir pour Delabel, sans pitié. J’avais compris que si je voulais des vrais budgets, il fallait que je passe chez Delabel. On a vendu 800 000 albums d’Allez leur dire. Là, Emmanuel De Buretel me propose de devenir Directeur Artistique pour les Editions Delabel. Ça m’intéressait parce que je ne connaissais pas le droit d’auteur, la Sacem, j’ai appris là-bas. Moi, j’ai toujours voulu apprendre. J’ai tout de suite compris qu’il ne fallait rien attendre, que c’était à moi d’aller chercher ce que je voulais ! Mon job consistait à dénicher des projets pour les présenter en maison de disques. J’étais un petit mec à l’affût, sur le terrain, j’écoutais du rap, du métal, je tagguais. J’ai beaucoup graffé. Enfin, j’ai surtout beaucoup défoncé des métros. J’signais Dama, AEC. J’étais plus un défonceur qu’un artiste et surtout, je ne faisais pas ça tous les soirs parce que j’avais ma fille. Je deviens donc Directeur Artistique et là, j’ai proposé des compilations de musique par thème. Un thème métal et un thème rap. Hostile hip-hop et Hostile rock. Personne ne veut me sortir mes compiles. Je demande à De Buretel de me laisser monter un label.……

Retrouve la suite dans le magazine R.A.P. R&B, le numéro spécial Def Jam France #HS4… actuellement en kiosque ou à commander ici.

Hors-série Def Jam Recordings France – Teaser :

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