Orelsan : 2 rappeuses féministes le clashent avec leur version du titre Saint-Valentin ! (clip)

“On va dépuceler ta p’tite bite de soi-disant rappeur…” Alors qu’une Kim Kardashian préférait s’exhiber nue (voir ici) à la veille de La journée des droits de la femme (ou Journée de la femme), le duo de C.L.I.T. composé d’Elvire et Sarah (la réalisatrice Sarah Constantin et la journaliste Elvire Duvelle-Charles, toutes 2 militantes notamment au sein de Femen) préfèrent se poser dans une baignoire pour s’en prendre à Orelsan et son fameux morceau St Valentin. Ainsi elles ont choisi cette journée symbolique pour livrer leur version de la Saint-Valentin, avec une “légère” touche féministe, histoire de bien remettre en place la gente masculine. Au passage, elles n’oublient pas de tacler Seth Gueko, Kaaris, Booba et Vald… “Voilà ce qu’on répond à votre liberté de création…” concluent les 2 militantes pour dénoncer la misogynie des rappeurs !

CLIT_saint valentin

Rappelons que le 18 février, Orelsan qui était poursuivi pour la 3e fois pour “ses propos sexistes” et pour incitation à la violence envers les femmes, notamment dans ses morceaux Sale pute paru en 2009, puis Pour le pire et St-Valentin, a été relaxé par la justice. Lors du verdict, la cour d’appel de Versailles a déclaré que le rap était : “par nature un mode d’expression brutal, provocateur, vulgaire, voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une génération désabusée et révoltée.” La cour a précisé qu’Orelsan “n’a jamais revendiqué à l’occasion d’interviews ou à l’audience, la légitimité des propos violents provocateurs ou sexistes tenus par les personnages de ses textes”, et a estimé que “la distanciation avec ces propos, permettant de comprendre qu’ils sont fictifs, est évidente.” Elle a également souligné que ce genre de propos exprimant la violence des rapports hommes/femmes se trouvaient dans d’autres formes artistiques : “Le cinéma s’en est fait largement l’écho ces dernières années et il serait gravement attentatoire à la liberté de création que de vouloir interdire ces formes d’expressions.” Enfin, la cour a conclu que sanctionner les paroles du Mc “au titre des délits d’injures publiques à raison du sexe ou de la provocation à la violence, à la haine et à la discrimination envers les femmes reviendrait à censurer toute forme de création artistique inspirée du mal-être, du désarroi et du sentiment d’abandon d’une génération en violation du principe de la liberté d’expression.”

5 associations avaient choisi de poursuivre le rappeur en justice. D’abord en 2012, Ni putes ni soumises avait attaqué Orelsan pour sa chanson Sale pute. Le rappeur avait été relaxé une première fois. En 2013, une autre procédure avait conduit Orel à être condamné à verser 1000€ d’amende avec sursis avant que les poursuites tombent sous le coup de la prescription. Mais en 2015, alors que le collectif Ni putes ni soumises est rejoint par d’autres associations luttant pour les droits des femmes (Chiennes de garde, Collectif féministe contre le viol, Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires ainsi que Mouvement français pour le planning familial), la cour de cassation avait annulé cette décision et un 3e procès s’était tenu pour finalement aboutir à une nouvelle relaxe (le 18 février 2015).

Pour sa défense, Orelsan avait expliqué que ses paroles étaient ironiques, parfois de mauvais goût, et ne représentaient pas sa propre pensée, mais celle d’un personnage fictif, cynique. Il avait également plaidé le droit à “la liberté de création”. Le justice a donc été dans son sens. Mais le duo féministe de C.L.I.T. n’a pas apprécié ce verdict et a préféré exposer son ras-le-bol devant la misogynie ambiante dans le rap français en enregistrant cette version parodique et anti-sexiste de St Valentin

Si la vidéo est drôle, le générique final fait apparaître des chiffres flippants sur la violence faites aux femmes en France et les idées reçues. Le duo a par ailleurs publié un communiqué pour accompagner son clip et donner son point de vue :

“C’est en apprenant la relaxe du rappeur Orelsan poursuivi pour ses textes violents envers les femmes que C.L.I.T, duo parodique et féministe, est né. En France, le sexisme semble avoir un statut juridique tout particulier: on appelle ça de la liberté d’expression. Orelsan n’aurait donc rien à se reprocher, puisque ce n’est pas lui qui appelle à violer les femmes, mais son personnage. Mais attendez, si on remplace ‘femme’ par ‘noir’, ‘arabe’ ou ‘juif’, ça s’appelle de l’incitation à la haine non ? Le sexisme serait-il moins grave que le racisme? Se faire discriminer pour son sexe moins grave que de se faire discriminer pour sa couleur de peau ? Cette parodie de Saint-Valentin d’Orelsan, où le ‘clit’ remplace la ‘bite’, se veut être un miroir des propos sexistes que nous entendons quotidiennement dans les textes de rap, que ce soit ceux de Booba, Karris, Seth Gueko ou Vald, pour ne citer qu’eux. Arrêtons avec cette excuse qui cautionne les textes faisant l’apologie de la culture du viol et de la misogynie sous prétexte que le rap est un moyen d’expression violent. Les rappeurs qui cumulent les millions de vues sur YouTube ont une responsabilité face à leurs fans, ils font partie de la culture pop. En France, une femme se fait violer toutes les 7 minutes et plus d’une centaine de femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint. Près d’un tiers des 18-24 ans pensent que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle. Alors, ne serait-il pas temps de faire changer les choses ?”

C.L.I.T. – Saint-Valentin :

https://youtu.be/RwJ88v9shdw

Orelsan et Grince – St-Valentin :