Les coups durs s’enchaînent pour Didier Deschamps et son équipe de France à  la veille de l’Euro 2016… Outre les défections de Raphaël Varane, pilier de la défense, de l’arrière polyvalent du FC Barcelone Jérémy Mathieu et enfin de Lassana Diarra remplacé par Morgan Schneiderlin, l’Equipe de France et son sélectionneur doivent affronter les déclarations de personnalités publics à propos notamment de la non sélection de Karim Benzema et Ben Arfa.

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D’abord Eric Cantona qui accusait Didier Deschamps de racisme dans ses choix (ce à quoi, le sélectionneur des bleus a choisi d’attaquer l’ancien joueur devant les tribunaux) dans le Guardian : “Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur… […] Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. […] Je ne suis pas surpris qu’il ait utilisé la situation de Benzema pour ne pas le prendre.”

Jamel Debbouze qui accordait un entretien à France Football faisant porter la responsabilité des absences des Benzema et Ben Arfa à la situation sociale en France : “Sportivement, comment fait-on pour se priver de joueurs extraordinaires comme eux ? Benzema est l’un des meilleurs attaquants du monde. Ben Arfa, lui, est le meilleur joueur français de la saison en Ligue 1, c’est incontestable tout le monde l’a vu. Il n’a pas sa place en réserve, estime-t-il. Ces gamins représentent en plus tellement de choses, notamment en banlieues. N’avoir aucun de “nos” représentants en équipe de France… […] Tant qu’on ne permet pas aux quartiers d’évoluer et qu’on en fera pas des Sillicon Valley, qu’on ne leur permettra pas de s’épanouir humainement, socialement et économiquement, on “leur” en voudra toujours d’être ce qu’ils sont. Karim Benzema, et par extension Hatem Ben Arfa, payent la situation sociale de la France d’aujourd’hui.”

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Aujourd’hui, au risque de déstabiliser l’équipe de France avant l’Euro, Karim Benzema crée la polémique en sortant de son silence (avant l’Euro) et en pointant le racisme comme principale raison de son exclusion de l’équipe de France. Il revient aussi sur le cas Valbuena (qui a dit qu’il parlerait après l’Euro) dans le quotidien espagnol Marca. Ainsi, à la question : “Croyez-vous que Didier Deschamps est raciste ?”, il répond : “Non, je ne le pense pas… […] Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. Il faut savoir qu’en France le parti d’extrême droite est arrivé au deuxième tour des dernières élections. Mais je ne sais pas si c’est une décision individuelle de Didier, car je m’entends bien avec lui, et avec le président. Je m’entends bien avec tout le monde.” Avant de poursuivre : “Pour le moment, je suis tranquille, concentré sur mon club avec lequel j’ai gagné le maximum, poursuit l’avant-centre. La France va se rendre compte qu’elle a été injuste avec moi. J’ai déjà subi le contrecoup de la Coupe du monde 2010, mais l’Euro, c’est encore plus dur. C’est l’une des plus grandes déceptions que j’ai eues, sans aucun doute. Mais bon, il faut se relever et j’espère aller le plus loin possible dans ma carrière. On me critique beaucoup en France, moi, ma famille, mon entourage, mais si j’étais une mauvaise personne, mal conseillée, je n’en serais pas là aujourd’hui. Cinq années à Lyon, sept à Madrid, à gagner des titres.”

“Si quelqu’un l’a beaucoup sélectionné même quand il était pas en grande forme, c’est bien Didier…” réagissait le président de le FFF, Le Graët, qui demande d’arrêter de parler de cette affaire à la veille de l’Euro, et qui rappelle que Benzema “n’est pas suspendu à vie.”

Et alors que les politiques réagissaient à tout va pour condamner à la quasi unanimité les propos de Karim Benzema, le Ministre des sports Patrick Kanner estime les paroles de Benzema  “inacceptables” et demande lui aussi “d’arrêter le polémique” tout en rappelant que les critères de sélections ne se font que sur des notions techniques et les compétences : “Je peux comprendre le dépit ou la déception de Karim Benzema, mais en aucun cas ses propos ne peuvent être acceptables par rapport à ce qu’est la personnalité et aussi les choix sportifs qui ont été ceux de Didier Deschamps. Je demande du calme, je demande qu’on se concentre sur la compétition et qu’on se rassemble surtout derrière les Bleus. C’est ce qu’attendent aujourd’hui les 23 sélectionnés, ce sera ma préoccupation dans les jours qui viennent. Arrêtons la polémique qui vraiment n’a pas lieu d’être.”

Dans la classe politique, seul Benoît Hamon (PS) semble comprendre Benzema : “Benzema a raison de dire que nous sommes dans un pays où le racisme augmente… […] Donc, un, Deschamps n’est pas raciste, je ne pense pas que Le Graët le soit non plus, je suis même certain du contraire, je le connais bien, mais il y a un sale climat dans ce pays sur ces questions-là. Il dit qu’il y a un climat qui amène beaucoup de Français, hélas, à se choisir un bouc émissaire. Les boucs émissaires ont toujours, toujours la même tête.”

Il faut toutefois rappeler que dans un premier temps, Benzema avait été écarté de l’équipe de France suite à l’affaire de la sex-tape de Valbuena (affaire pour laquelle il est mis en examen), pour qui il a aussi un mot dans cette interview accordée à Marca : “Dans cette histoire, la seule personne qui sait ce qu’il s’est passé, qui connait la vérité, c’est Valbuena. Il a joué un rôle, il n’a pas dit la vérité, et tout vient de là. J’ai voulu l’aider, rien de plus, et l’histoire s’est retournée contre moi.”

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