Black M : son coup de gueule contre le SNEP !

Mais qué passa ? Vous avez peut-être perçu ce message posté par Black M sur son compte Twitter : “Merci la Snep… commencez à rétablir l’ordre avec le streaming on ne sait plus qui est qui… Tout le monde est disque d’or…”

https://t.co/dNs7Nxld6P

— BLACK.M (@Bmesrimes) 2 octobre 2017

Comme un coup de gueule sympathique, ce message répondait à celui du SNEP, posté quelques heures plus tôt, qui annonçait la nouvelle certification du dernier album de Black M : en effet, Eternel Insatisfait est désormais Double album de platine, avec plus de 200 000 ventes ou plutôt “équivalent ventes” en prenant en compte désormais le streaming.

Mais pourquoi Black M réagit-il de la sorte alors qu’on lui annonce une bonne nouvelle ? Commençons par le SNEP… qu’est-ce que le SNEP ? Le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique) est cet organisme officiel créé en 1992 (un syndicat regroupant des professionnels de la musique), chargé de superviser, contrôler, gérer, représenter et promouvoir le marché de la musique (vis à vis du gouvernement et des autres institutions, de la presse et du public), jusqu’à remettre à ses auteurs des trophées quand les ventes de singles, albums et autres atteignent certains paliers. Disque d’or, platine, diamant pour telle ou telle quantité d’albums ou chansons vendus (50 000, 100 000, etc)… Des distinctions dont les paliers justement sont régulièrement réévaluer en fonction des fluctuations du marché de la musique afin qu’elles ne perdent pas de leur valeur. Récemment, les ventes de musique en physique (albums, singles au format CD notamment…) étant en fort recul, le SNEP a dû revoir son mode de calcul de ses certifications afin de prendre en compte les nouveaux modes de consommation de la musique, à savoir, les ventes en digital, et le streaming (via les plateformes en ligne). Sauf qu’on s’est vite aperçu que les remises de certification s’étaient soudain accélérées, distinguant quasiment tous les artistes proposant un nouveau projet. Dès lors, des questions se sont posées, même si le marché de la musique urbaine se porte bien en France, comment tous ces artistes peuvent-ils tous atteindre, parfois très vite, toutes ces ventes, et donc ces distinctions ?

Dans son dernier freestyle, paru il y a quelques jours, le fameux Death Note (voir ici), le rappeur de la Sexion d’Assaut avait déjà glissé ce constat : “Paraît que ça stream fort, ça sème la discorde… Un jour ou l’autre, la vérité va se faire screenshot…” Un constat qui circulait déjà – à voix basse – dans les couloirs du rap game, parmi les professionnels et certains amateurs de rap, sans que personne ne s’en offusque réellement. Comme si tout le monde s’en satisfaisait : soit que ces certifications trop basses (il s’agirait juste des réévaluer les paliers), qui permettent de distribuer à tout va ces trophées en or, platine et autre, bénéficient aux bizness des uns et des autres qui préfèrent se voiler la face, soit qu’il est question de triche (achat de streams notamment), et qu’elle soit tellement répandue, que remettre de l’ordre ferait beaucoup trop de mal au game et à ceux qui ont misé dessus. Dans tous les cas, quelque chose ne tourne pas rond, quelques chose qui – à terme – sera contreproductif pour l’industrie de la musique et pour le rap en particulier.

Du coup, en envoyant ce message au SNEP, Black M soulève publiquement la question de ces certifications de la musique, de sa reconnaissance, notamment dans le cadre de la musique urbaine… Le SNEP et ses décideurs entendront-ils le message ?