Diam’s est sortie de sa retraite, au moment où elle vient de lancer sa marque de papeterie Mel by Mel autour du thème de l’écriture (voir ici), pour livrer une interview au JDD. Le journaliste raconte qu”il a rencontré Mélanie Georgiades (37 ans) dans un village de la forêt de Rambouillet (78) où elle vit sa vie de “mère de famille comblée et active” dans une maison qu’elle a rénovée.

La défaite du rap sur la société. Lors de ce long entretien, l’ancienne rappeuse déclare ne plus écouter de rap, et surtout ne plus apprécier le message qu’il véhicule : “Je n’en écoute plus. Je n’aime pas ce que véhicule ce mouvement comme orgueil, violence et consumérisme. […] Penser que le rap puisse changer quelque chose aux réalités douloureuses me semble naïf aujourd’hui. Je l’ai été aussi, mais j’ai changé.”

Quant à son retour avec un nouveau projet musical, un album notamment, il faut l’oublier. Déjà Mélanie avoue n’avoir gardé “aucun lien” avec le milieu de la musique. Puis elle poursuit en en parlant de rumeur “sans fondement” l’idée qu’elle prépare un nouvel opus : “Je préfère tourner la page et me consacrer à ce qui m’épanouit.” Comme un lien indéfectible avec le rap, on retiendra que ce qui continue à l’épanouir semble être, entre autre, l’écriture…. Outre son projet de papèterie autour de ce thème et “dans lequel je trouve l’épanouissement” précise-t-elle, elle avoue n’avoir “jamais cessé d’écrire”, et ajoute même : “Il m’arrive souvent de noter des rimes qui me viennent.” Comme les notes qui jonchent le bas de pages des agendas et carnets de notes qui composent la première collection de sa marque de papèterie.

Après avoir connu le succès et la célébrité, Diam’s évoque aujourd’hui ce passé avec tristesse et un peu d’amertume. Il est vrai que pour elle son ascension a souvent été synonyme de dépression. Du coup, elle raconte qu’il lui reste de cette période des “souvenirs pleins d’angoisses et de tristesse”. Son analyse du milieu de la musique et du système l’amène à déplorer que la célébrité semble être devenue une quête, voire un métier, pour tant de gens…” A ses yeux, l’art, les idées, la passion, voire les combats à mener ne semblent plus motiver les artistes. D’ailleurs les récompenses, comme les disques d’or et de platine, après lesquelles elle courait elle aussi à une époque comme “un symbole de reconnaissance”, ne représentent plus qu’une “illusion” aujourd’hui.

Outre la musique, cet entretien emmène Mel et le journaliste à évoquer le religion et le voile. A ce sujet, l’ex-rappeuse qui porte le voile depuis qu’elle a rompu avec sa carrière artistique, raconte qu’elle rencontre “énormément de bienveillance et de gentillesse” chez les gens qui la reconnaissent dans la rue, même si “je croise parfois des regards inquiets, mais j’essaie de comprendre plus que de condamner.” Elle conclut par : “le voile a toujours mauvaise presse en France,” et condamne “avec fermeté” le terrorisme : “ces actes barbares qui n’ont rien à voir avec ma religion.”