Djadja & Dinaz pour Gianni et Azzedine : 2 noms qui n’en forment qu’un, celui d’un duo atypique qui se sent à l’aise à l’écart du rap game tout en faisant tomber les certifications à chacune de ses sorties. La preuve devrait une nouvelle fois est faite avec la parution de leur 3ème album, Le revers de la médaille, vendredi 20 avril 2018.

A l’époque de leur 1er projet, On s’promet, nous les avions rencontrés pour leur toute 1ère interview qui a fini dans les colonnes du numéro #177 du magazine R.A.P. R&B. Depuis, les 2 rappeurs de la cité de La Pierre-Collinet à Meaux (77) ont pris de la bouteille et on affuté leur regard sur le rap jeu, leur musique et leur avenir. Entretien…


 

R.A.P. R&B : On s’est rencontrés en 2016, vous sortiez votre 1er projet. Depuis vous avez fait 2 disques de platine et 2 d’or, qu’est-ce qui a changé dans vos vies ?

Dinaz : Il y a plus de monde qui nous connaissent, on le ressent plus…
Djadja : On fait plus de photos, on se voit plus sur les réseaux. Mais sinon ça n’a pas changé notre envie, ni ce qu’on est.

R.A.P. R&B : Djadja tu dis : “Même si j’ai pété l’platine j’ai du mal à vivre…”

Djadja : C’est le revers de la médaille, c’est ça. Ça n’a pas trop changé même si les abonnés montent, il y a de la rentrée d’argent…
Dinaz : : Mais on a la même vie, en vrai.
Djadja : Dans notre tête, c’est la même. Il y en a qui nous voit autrement. Dans le noyau dur, ça n’a pas bougé. Les vrais sont toujours les mêmes.

R.A.P. R&B : Vous habitez toujours à la cité Pierre-Collinet à Meaux ?

Djadja : On habite toujours au même endroit, on traîne toujours au même endroit.

R.A.P. R&B : On a l’impression que vous aimez toujours autant raconter les histoires de cité, bonnes ou mauvaises, comme à vos débuts ?

Djadja : On voit toujours les mêmes têtes, on n’est pas partie vivre une vie de stars. On voit toujours les mêmes choses qu’à l’époque de notre 1er album, donc c’est toujours ce qu’on met dans nos sons.

R.A.P. R&B : Mais quand vous dîtes “trop de béton tue le béton” dans Brassard, ça signifie que vous en avez parfois marre du quartier ?

Dinaz : C’est ça. A trop être dedans, ça fatigue.
Djadja : C’est toujours la même routine, toujours les mêmes choses à se raconter, toujours les mêmes problèmes. Les gens veulent s’en sortir. Quand toi tu t’en es sorti et que tu vois autour de toi, ça fatigue. Mais c’est comme ça partout. Dans le quartier, c’est dur en vrai.

R.A.P. R&B : Le fait de sortir du quartier grâce à la musique avec les concerts, les tournage de clips, ça ne vous apporte pas un autre regard sur le quartier ?

Djadja : Ça t’ouvre l’esprit…
Dinaz : Tu vois des choses que tu ne peux pas voir sans voyager. Avant on voyait juste le sud à la rigueur…
Djadja : Tu rencontres de nouvelles personnes, il n’y a pas que le quartier dans la vie. Le quartier c’est bien ça t’apporte des valeurs, des principes, mais tout le reste faut en sortir. Les gens restent bloqués aux quartiers, ils veulent faire comme les grands, les schémas se répètent. Ils cherchent à faire de l’argent avec les moyens qu’on t’apprend depuis tout petit, les moyens que tu vois.

“La musique c’est un bizness, tant qu’il y a à prendre, on va prendre.” 

R.A.P. R&B : Vous dîtes quand même : “Je suis love de ma cité mais je veux aussi la quitter”, qu’est-ce qui vous y retient aujourd’hui ?

Djadja : C’est la famille…
Dinaz : C’est dur de changer d’un coup d’environnement.
Djadja : Quand t’as toujours vu les mêmes têtes, d’un coup tu changes de paysage, ça peut te faire bizarre…
Dinaz : Mais un jour on va partir.
Djadja : Aujourd’hui on est bien, mais en prenant de l’âge, ça peut changer. On ne se voit pas rapper jusqu’à…
Dinaz : 45 ans !
Djadja : Quand on sera satisfait de nous, on partira du quartier et on emmènera avec nous ce qu’on peut emmener.

R.A.P. R&B : Qu’est-ce qui vous fera arrêter le rap ?

Djadja : Quand on n’aura plus de choses à dire. Là, on est jeunes, mais on ne se voit pas rester l’éternité dans la musique, ni dans le quartier. Mais on est dans la vingtaine, on a encore le temps. Après, la musique c’est un bizness, tant qu’il y a à prendre, on va prendre.
Dinaz : On ne vas pas faire les mythos, mais on ne va pas non plus faire toute notre vie dans ça.
Djadja : Peut-être qu’on en fera toute notre vie, mais pas dans la lumière, pas à la vue des gens. On n’est pas trop dans ce thème là.

Leur carrière en 5 dates

– Novembre 2014 –
Le 1er clip
Laisse-nous faire notre biff

« Celui qui a pété, qui a fait n’importe quoi ! »

Les rappeurs et d’autres participants au clip ont été arrêtés à cause des armes présentes dans la vidéo. Le clip a depuis été supprimé pour atteinte aux droits d’auteur.

– 2 –
Le 1er showcase

« C’était à Paris au News Café (bar à chicha, NDLR), on avait fait que 3, 4 clips maximum, on n’avait pas de projet de prévu. C’était un petit showcase mais on était contents. »

– 6 mai 2016 –
Le 1er album

On s’promet contient 15 tracks dont leur hit J’fais mes affaires.
Il sera suivi d’un second album Dans l’arène sorti en mars 2017.

– 1er Septembre 2016 –
Le 1er disque d’or

Après 7000 ventes en 1ère semaine, On s’promet est certifié 4 mois plus tard.
Cette récompense est célébrée dans leur clip Souviens toi.
L’album finit disque de platine en février 2017.

– 2015 –
Les Maldives, pour le clip
Marchand de sable

« C’était notre 1er voyage, la 1ère fois que Djadja prenait l’avion. »

Marchand de sable fait partie des rares collaborations de la carrière de Djadja & Dinaz. C’est un extrait de la compilation Black Mathusalem de Coolax (Bomayé Musik).

 

 

R.A.P. R&B : Vous aimez bien voyager pour vos clips. Vous partez exprès pour tourner ou c’est aussi l’occasion de prendre des vacances ?

Dinaz : C’est surtout pour faire voyager le public, montrer de nouveaux trucs. C’est pas pour nous, sinon on prend une semaine et on ne tourne pas de clip ! Quand on part clipper, on ne profite même pas du paysage.
Djadja : On se lève à 6h, 7h du matin.
Dinaz : Si on fait des activités, c’est pour le clip.
Djadja : Quand on part une semaine, on se dit qu’on va tourner pendant 5,6 jours et le dernier jour on en profite pour manger une petite glace si on peut (rires). Mais sinon c’est le charbon avant tout.

R.A.P. R&B : Vous dîtes aussi “Là on est dans le quartier, ce soir on est sur scène”. Dans votre vie, il n’y a vraiment que le quartier et la musique ?

Djadja : On a quand mêmes des loisirs à côté, des choses qu’on aime bien faire. On va au restaurant, à la piscine…
Dinaz : Je fais de la moto. On a nos petits loisirs.
Djadja : On n’a pas des vies de stars, les gens de notre quartier nous voient pas comme des stars.
Dinaz : On est pareils qu’eux. On va manger avec eux.
Djadja : Je mange dans ton sandwich, je bois dans ta canette, y’a pas de problème.

“Quand on sera satisfait de nous, on partira du quartier…” 

R.A.P. R&B : Dans l’album, vous ne parlez pas beaucoup d’activités en dehors de la vie de quartier, moins que sur les précédents en tout cas…

Djadja : On est plus dans le conseil, on a plus de recul. Dans le rap, c’est trop sur les filles, les boîtes de nuit, les armes… Il n’y a pas que ça. Ça fait partie des choses de la vie, on en parle, c’est ce qui attire, mais y’a aussi les petits trucs simples. C’est aussi ce qui sort de notre tête, ce qui nous inspire quand on a une mélodie.[nextpage title=”Le Revers de la médaille et le milieu du rap”]

R.A.P. R&B : Justement, pour la production de cet album, vous avez fait appel à vos compositeurs habituels ou changé de méthode ?

Djadja : On a fait appel aux beatmakers habituels. Il y a RJacks, CashMoneyAP, AriBeatz…
Dinaz : C’est à peu près toujours les mêmes.
Djadja : On nous envoie des instrus, on choisit.
Dinaz : Ça se fait par Internet, par mails. Après on en a rencontré 1 ou 2. On choisit sur une palette.
Djadja : Ça nous arrive de cracker des instrus sur YouTube…
Dinaz : Tout c’qu’on aime, on va écrire dessus.
Djadja : Les beatmakers, si vous lisez ça : envoyez des prods ! On est à l’écoute des prods. [à hello@bendomusic.fr, Ndlr]

R.A.P. R&B : Et la réalisation de l’album, vous la faites vous-mêmes, ou vous êtes entourés ?

Djadja : Ouais, on est en pure indépendance. On est une équipe de 4 avec 2 amis à nous. C’est nos associés, on a tout commencé à 4 et maintenant on a un label à nous (Carré-Music, Ndlr). Avec le temps, on va essayer de produire d’autres artistes. C’est envisageable…
Dinaz : Pour l’instant on se consacre à notre musique, mais ça se peut.

R.A.P. R&B : Qu’est-ce qui vous attire dans la production ?

Djadja : C’est l’ombre ! Là, tout de suite j’ai pas envie d’être dans l’ombre : j’ai envie que mon album soit vu, qu’on l’écoute. On a encore des trucs à dire, mais quand on n’aura plus rien à dire, pourquoi pas se mettre derrière quelqu’un et lui dire un peu ce qu’on connaît de ce métier.

R.A.P. R&B : Vous avez déjà repéré des petits ?

Dinaz : Ouais, ouais.
Djadja : Des petits du quartier. Après ça peut être des petits d’ailleurs, c’est à l’oreille.
Dinaz : Si on aime bien, on verra.
Djadja : Mais pour l’instant on est dans Le Revers de la médaille.

“C’est un groupe de paranos Djadja & Dinaz !” 

R.A.P. R&B : Il y a une suite logique dans vos titres d’album : On s’promet, Dans l’arène et Le revers de la médaille ? Une façon de dire : “on va rentrer dans le game, on y est et maintenant et on y voit les côtés négatifs” ?

Djadja : Tu l’as remarqué sans que nous on le remarque !
Dinaz : C’est exactement ça !
Djadja : Comme on t’a dit, c’est au feeling. C’est ce qu’on vit sur le moment.

R.A.P. R&B : C’est quoi ce revers de la médaille ? Ce que vous avez vu de négatif avec le succès ?

Djadja : Y’en a plein… Les gens changent, les gens te voient autrement, il y a beaucoup de faux.
Dinaz : Il y a en a qui sont là par intérêt.
Djadja : Ecris en majuscule la JALOUSIE ! (rires)
Dinaz : Les gens changent, ils ont une double face.
Djadja : Ça a commencé dès qu’on a réussi !

R.A.P. R&B : Vous parlez aussi d’hypocrisie (“Je sais pas ce que derrière ils disent mais je sais que devant nous ça sympathise”)…

Djadja : C’est partout ça.
Dinaz : Les gens te crachent dessus par derrière et devant ils te font un grand sourire.
Djadja : Dans ton dos, ils disent “Lui il fait ci ou ça” et devant “Woah, ça va ? Super, c’est bien ce que tu fais.”

R.A.P. R&B : Tu as des exemples concrets pour illustrer ça ?

Djadja : Ah, mais ça j’en ai eu un il y a 1 heure ou 2, dehors. C’est tout le temps quand on me croise dans la rue… Les gens sont comme ça, pourtant on a fait de mal à personne.

R.A.P. R&B : Du coup, vous abordez aussi pas mal le thème de la trahison. C’est encore du vécu ?

Djadja : Ouais. C’est plein de petites histoires, de petits détails. On a toujours tout fait à 4, les gens nous ont vu avancer et ils n’aiment pas ça… C’est humain.
Dinaz : Et y’en a aussi qui nous ont toujours boostés, ça fait plaisir. Mais beaucoup ont changé.

R.A.P. R&B : Comment vous expliquez un morceau qui s’appelle J’souris, avec un clip en Californie au soleil et des paroles mélancoliques ?

Djadja :J’souris mais j’suis énervé”. Après il y a aussi des sons ouverts. Mais c’est vrai que dans les paroles, on est beaucoup sur la trahison. Si on était moins dans le quartier, on n’aurait peut-être moins ce genre de paroles.

R.A.P. R&B : Dans Tu perds la foi vous êtes un peu dans la peau de bandits, c’est très violent. Qu’est-ce qui vous inspire ?

Dinaz : On est vraiment dans la peau de bandits.
Djadja : J’sais pas d’où ça vient, c’est la haine. C’est adressé à plein de gens en fait. C’est un groupe de paranos Djadja & Dinaz ! Que ce soit ensemble ou moi seul ou lui seul, on a eu des épreuves qui font qu’on est rodés. On se parle entre nous, c’est carré. A partir du moment où t’as un truc qui est solide, tu fais de la route, sinon tu vas caler.

R.A.P. R&B : Autre phrase marquante de l’album, “C’était mieux l’époque des cartables, maintenant c’est procs, les gardavs”. Vous êtes nostalgiques de l’enfance ?

Dinaz : C’est à cause des problèmes de justice, avant y’avait pas de problèmes comme ça. Tu jouais au foot, t’allais en cours, tu jouais avec tes potes. On parle de nous comme on parle de tout le monde. Quand tu fais des choses illégales petit, y’a pas de problèmes. Puis après y’a les gardes à vue, la prison, les mères en pleurs. Mais ça ne concerne pas que les mecs de quartiers, tout le monde peut se reconnaître.

“Si je fais passer un message dans la musique, t’inquiète pas que je vais le faire en face.” 

R.A.P. R&B : Et quand Djadja balance “J’vais tous les démonter/C’est tous des mytho” et Dinaz “Des langues de pute, ils parlent pour rien, ils parleront moins devant l’calibre”, c’est ciblé ou ce sont des paroles en l’air ?

Dinaz : Il y en a peut-être qui se reconnaitront. Mais c’est général aussi.
Djadja : Il y en a sûrement beaucoup qui doivent se sentir viser. Il y a aussi des trucs personnels, j’vais pas te dire : “je suis en embrouille avec lui”. Mais si je fais passer un message dans la musique, t’inquiète pas que je vais le faire en face. Cette personne sait qu’elle a un problème avec moi. Si j’en parle dans ma musique, c’est juste pour lui rafraîchir la mémoire.
Dinaz : On ne se cache pas derrière la musique.

R.A.P. R&B : Vous avez fait un morceau intitulé Zumba. Ce terme était plutôt péjoratif à la base, aujourd’hui comment on pourrait le définir ? Un vrai style de musique à part ? Un sous-genre du rap ?

Djadja : Franchement, nous c’est même pas par rapport à ça qu’on en parle. A la base, c’est une danse sportive et la rime est venue comme ça : “Broliqué, tu vas danser la zumba”. Je ne voyais pas ce qu’il pouvait danser d’autre.

R.A.P. R&B : Vous ne vous mélangez pas du tout au reste du rap jusqu’à n’inviter personne sur votre projet… C’est une volonté de votre part ?

Dinaz : Ouais, c’est une volonté, on préfère rester dans notre coin pour l’instant. Ça peut changer par la suite.
Djadja : On n’est pas fermé.
Dinaz : On parle aux autres rappeurs, mais on est plutôt dans notre coin.
Djadja : On se voit pas rentrer dans le délire des feats, on est déjà 2.
Dinaz : C’est déjà Djadja feat Dinaz et Dinaz feat Djaja !

R.A.P. R&B : Mais si c’est un rappeur qui vous a fait kiffer comme Booba ou Rohff, vous ne pouvez pas refuser ?

Dinaz : Si on peut. Même si c’est 50 Cent. C’est juste que maintenant on ne veut pas, mais ça se trouve tu nous verras dans 2, 3 piges en feat avec un mec qui a 10 vues sur YouTube. Ça sera forcément un mec qu’on aime bien, et dont on aime bien ce qu’il fait.

R.A.P. R&B : Lors de votre Planète Rap vous aviez ramené votre avocat Maître Amaury Auzou, pourquoi ?

Djadja : Grosse force à lui !
Dinaz : On l’aime bien. Ça lui a fait un bon coup de pub, ça avance bien pour lui.
Djadja : C’est un très bon avocat. Quand on a un problème on le voit, il est là pour nous, c’est quelqu’un de l’équipe en vrai. C’est important d’avoir un avocat.

R.A.P. R&B : Après le Planète Rap, il pourrait l’imaginer en featuring sur un projet ?

Djadja : (Rires) Non je ne pense pas…
Dinaz : Amaury en feat, moi j’me couche !

R.A.P. R&B : Vous revendiquez beaucoup votre indépendance, c’est important ?

Djadja : Ouais parce qu’on a tout fait comme ça. Comme on ne fait pas beaucoup d’interviews, il y a beaucoup de gens qui ne savent pas qu’on est indépendants. Dès qu’on a l’occasion d’en parler – même dans la musique – on le dit. On prend nos décisions, on choisit ce qu’on fait ou pas. C’est une fierté de plus. Avoir sorti des projets, s’être fait un public, un million d’abonnés tout seul, c’est bien donc on aime le préciser.

R.A.P. R&B : Vous êtes la première sortie d’une nouvelle structure, Bendo Music, ça vous met de la pression supplémentaire ?

Dinaz : Non et oui, on veut que ça marche. Mais pas vraiment une pression.
Djadja : On a confiance dans le projet.
Dinaz : On ne sait jamais ce que ça donnera, mais l’album est sérieux.
Djadja : Allez l’écouter !

R.A.P. R&B : Vous avez l’air très indissociables, vous n’envisagez pas du tout de faire des choses en solo chacun ?

Djadja : Non, on a commencé comme ça, on va finir comme ça. S’il arrête, j’arrête. C’est une question de principe. Même si les pires choses inimaginables arrivent, c’est mieux qu’on arrête tous les 2 plutôt qu’il y en ai un qui continue. Ce n’est pas notre mentalité.[nextpage title=”La foncedé, les séries et l’origine de leurs pseudos”]

R.A.P. R&B : A l’époque de notre 1ère interview, vous parliez de vouloir arrêter la fumette, mais le sujet reste présent dans vos textes…

Djadja [il demande un joint à son manager] : Tu me parles de fumette, je veux fumer. Mais j’aimerais bien arrêter, ça ralentit le bédo… Quand j’avais 15 ans, j’disais que j’fumais pour trouver l’inspi. Aujourd’hui, j’ai beau fumer 1000 joints, ça va juste me fatiguer. C’est dans ta tête en vrai. Je peux écrire un texte dès le matin. Au studio ça m’endort plus qu’autre chose.

#Jsouris 🤫🤫🤫

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R.A.P. R&B : Il y a le morceau Privado dont le refrain fait : “J’roule un privado…” Vous pouvez expliquer ?

Djadja : C’est un privé, t’es en résidence privé, tu le fumes tout seul. Ça vient d’un ami à nous.
Dinaz : Il disait souvent ça, on s’est dit qu’on allait l’utiliser.
Djadja : C’est souvent les gens autour de nous qui nous donnent l’inspi, la vie de tous les jours.

R.A.P. R&B : Justement, comment se passe l’écriture chez vous ?

Dinaz : En général, on écrit le couplet d’un coup…
Djadja : On se pose avec une instru qui tape à l’oreille et on va tout faire d’un coup.
Dinaz : Il peut nous manquer quelques phrases et on va les faire au studio.
Djadja : C’est rare que tout soit écrit quand on arrive au studio. On aime bien écrire là-bas parce qu’on peut tester.
Dinaz : Tu fais ce que tu veux avec ta voix, des effets, des réglages de vocoder. Avec la voix brute, ce n’est pas pareil.

R.A.P. R&B : L’alcool est aussi présente, mais plus pour noyer sa peine que pour le côté festif…

Dinaz : On ne boit pas tous les jours non plus !
Djadja : C’est autant boire pour oublier que boire pour faire la fête. Ciroc par exemple, c’est plus le côté halla et…
Dinaz : Des fois tu vas boire en mode pensif…
Djadja : On est peut-être un peu trop dans le côté boire pour oublier. On ne fait pas trop la fête en vérité… mais on la fait quand faut la faire.
Dinaz : Quand c’est le bon moment, on ne se prive pas !

R.A.P. R&B : Vous aviez Gomorra dans vos inspirations à l’époque du 1er album. Là, il y a moins de références à des séries. Vous regardez quoi en ce moment ?

Djadja : Je suis sur Banshee, j’en suis à la saison 4.
Dinaz : Et moi, Peaky Blinders.

R.A.P. R&B : Et La Casa de Papel ?

Djadja : Je l’ai saigné en sous-titré en mode hacker, en espagnol. Je conseille de tout regarder en sous-titré, c’est mieux, ça t’ouvre, ça t’apprend les autres langues…
Dinaz : Moi j’ai vu que la 1ère saison.

R.A.P. R&B : Pour finir je voulais revenir sur l’origine de vos surnoms. Djadja ça vient de Gianni, ton prénom ?

Djadja : Non pas forcément. C’est lointain comme surnom, c’était à l’époque avec des amis qui m’appelaient comme ça, c’est un truc con… c’est par rapport au poulet. “Djadja” ça veut dire poulet en rebeu…

R.A.P. R&B : Et tu ressemblais à un poulet quand t’étais petit ?

Djadja : (Rires) : Non !
Dinaz : Il mangeait beaucoup de poulet, il aimait bien.

R.A.P. R&B : Mais tu as bien un prénom italien, tu as des origines ?

Djadja : Ma mère a des origines italiennes. Je dis algérien parce que si je commence à dire que je suis algérien, italien, on va me dire : “Et la Chine aussi ?”. C’est plus simple de ne dire qu’une origine, et vu que le père est algérien…

R.A.P. R&B : Et Dinaz, c’est le verlan de Azzedine… Ce prénom a une signification particulière ?

Dinaz : Ouais, mais je ne la connais pas, je ne vais pas t’inventer un truc (ça se traduit littéralement par “La religion est puissante”, Ndlr). C’est un pote à moi qui m’appelait Dinaz. Au quartier, on m’appelle comme ça.

“Au début on voulait s’appeler Tenue de Motard… 

R.A.P. R&B : Et vous avez fait exprès de ne pas avoir choisi un nom de groupe mais de coller vos 2 blases ?

Djadja : Ouais. On a essayé des choses. Au début, on voulait s’appeler Tenue de Motard, c’est pour ça qu’on a fait cette série de sons avec ce titre. A l’époque on était en tenues de motards, j’sais pas ce qu’il se passait dans notre tête (rires). D’ailleurs, il y aura sûrement un volume 5. C’est une série qu’on aime bien.
Dinaz : Le public aime bien aussi, c’est du kickage, c’est la rue. On prend une instru brutale pour faire du sale. Même le mec du studio, il est au courant !

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