Les services Google bannis des smartphones Huawei… à cause de Trump !

Alors qu’il durcit sa politique commerciale avec la Chine, Trump a -directement ou indirectement – inscrit Huwaei sur liste noire, ce qui a conduit le géant américain Google, dont le système Android équipe la grande majorité des smartphones dans le monde, a coupé les ponts avec le fabriquant chinois. Une décision très lourde de conséquences puisque le groupe chinois ne pourra plus offrir les services de YouTube, Gmail et le navigateur Chrome sur ses prochains mobiles.

Google ne fournira donc plus de logiciels, de matériels informatiques et de services techniques à la marque chinoise, à l’exception de ceux figurant dans l’Android Open Source Project (ASOP), une version libre de droits du système d’exploitation de Google. Ainsi, Google, entreprise américaine, dit se conformer à la loi. Une décision lourde de conséquence pour Huawei, qui dans le marché des smartphones, est le numéro 2 mondial au coude-à-coude avec Apple. Sa division grand public (smartphones, tablettes) est d’ailleurs en forte croissance (+45% soit 349 milliards de yuans de chiffre d’affaire), devenant depuis 2018 l’activité la plus importante du groupe. C’est Samsung qui domine ce game. Les applications mobiles de Google étant censurées en Chine, cette décision ne devrait pas impacter la marque dans son propre pays, mais elle pourrait énormément affecter ses ventes dans le reste du monde et notamment en Europe qui représente le 2ème marché le plus important de Huawei.

Via le site WinFuture, la filiale allemande du constructeur a pris la parole dans un communiqué afin de rassurer les utilisateurs de ses smartphones partout dans le monde :
“Huawei a contribué fortement au développement et à la croissance d’Android dans le monde et en tant que partenaire mondial d’Android, nous travaillons étroitement avec sa plateforme open source pour développer un écosystème qui profite à la fois aux utilisateurs et à l’industrie. Huawei continuera à proposer des mises à jour de sécurité et de services pour tous les smartphones et tablettes Huawei existants. Cela comprend les appareils déjà vendus et stockés partout dans le monde. Nous continuerons à travailler à développer un écosystème logiciel sûr et durable pour proposer la meilleure expérience utilisateur possible partout dans le monde.

Il y a quelques mois, Huawei avait déclaré travailler secrètement depuis plusieurs années à son propre système d’exploitation mobile, au cas où la marque chinoise se verrait privée d’Android. Aujourd’hui, c’est le moment d’activer ce plan pour la firme qui semble résignée. Huawei acte la décision de Google et semble vouloir s’y conformer. Mais même s’ils ont déjà développé leur propre système d’exploitation, ils ne semblent pas pour autant prêt à lâcher Android : “Huawei sans Google mais avec Android : c’est possible !” a déclaré la firme.

Avec cette forte annonce , le Président américain s’attaque directement à la supply chain de la société chinoise, c’est-à-dire, à la gestion des flux circulant dans l’entreprise, et entre l’entreprise et son environnement. Cette histoire souligne la forte dépendance des fabricants chinois à l’égard des technologies américaines. Du coup hormis Google, ce sont des fabricants de puces comme Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom qui ne fourniront plus Huawei jusqu’à ce que les choses bougent et pour cela, il leur faudra l’approbation de Washington.

Pour Donald Trump, c’est un aboutissement. Depuis plusieurs mois, ce projet de bannissement était à l’étude. Il intervient dans un contexte tendu entre les Etats-Unis et la Chine sur un fond de soupçon de cyberespionnage, partagé par d’autres pays comme la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’équipementier chinois ZTE et Huwaei s’étaient déjà vus privés temporairement de composants américains, puis c’est par le prix d’une lourde amende qu’ils avaient trouvé leur salut.

Cette histoire n’a pas fini de faire réagir…