Mardi 3 septembre, la 2ème partie de l’interview exclusive de Booba pour le média Brut. a été dévoilée. L’artiste y aborde la politique, les gilets jaunes, l’esclavage, le devoir de mémoire et ses enfants… 

Alors que la 1ère partie de l’interview accordée au média français avait fait couler beaucoup d’encre, entre déclarations choc sur Kaaris et Damso et révélations sur la prison et l’argent, B2O avait offert 17 minutes supplémentaires d’entretien exclusif où il abordait de nombreux sujets, passant d’Emmanuel Macron à l’esclavage, l’écologie ou encore ses enfants. Toujours au micro de Karim Rissouli, Kopp répond sans filtres aux questions. Quand le journaliste aborde le nom d’Emmanuel Macron, Booba enclenche un grand “Salut Manu” avant de reprendre son sérieux et de donner son avis : “Les gilets jaunes tous les week-ends, super le bizness ! Nul, c’est nul, tout est nul. Je vais souvent à Paris, tous les mois et demi, 2 mois, j’y suis. Je me dis que c’est fantastique, c’est incroyable. Que des gens toutes les semaines envahissent les Champs-Élysées alors qu’on fait partie du G8. C’est la plus belle avenue du monde, on a les meilleurs vins. C’est lunaire pour moi … Mais bien-sûr que je les comprends [les gilets jaunes]. C’est en face que je comprends pas. Le peuple je le comprends toujours, je suis le peuple. Déjà, je comprends même pas comment certaines personnes arrivent à survivre, avec si peu d’argent, avec si peu de moyens. Ça va pas du tout”.

Bien que Booba réside à Miami depuis des années, il confirme ainsi qu’il continue de suivre l’actualité française. Un autre sujet est abordé, qui concerne tout autant Miami que Paris et le reste du monde : l’écologie. L’avenir de la planète préoccupe “de plus en plus” Booba : “C’est peut-être à cause de mes enfants. Mais de plus en plus je pense que ça va pas tarder à partir en couille sérieusement. Je veux pas faire flipper la planète, mais j’ai un petit pressentiment […] Ils arrêtent pas d’envoyer des trucs dans l’espace. L’Amazonie brûle depuis 3 semaines, les baleines échouées… Ça sent pas très bon, je trouve. Après je vote pas, je roule en 4X4 […] C’est pas à nous, c’est à ceux qui ont les manettes de changer le monde”. 

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Booba écolo donc, mais également très attaché à l’Histoire. En effet, le sort des migrants touche Booba qui s’était déjà mobilisé pour leur cause. Indigné, il enchaîne sur l’esclavage. Ces 2 sujets sont dans les infos, mais peu dans les livres scolaires :“Je suis allé petit en Afrique, à l’île de Gorée. Tu vois les cellules avec les barres de fer, les chaînes […] Quand tu vois à 10 ans, que t’es de père sénégalais, de mère française […] C’est encore plus déroutant je trouve. Mais mieux vaut avoir le cul entre 2 chaises que 2 chaises entre le cul, pour la petite punchline […] C’est comme la Shoah, c’est la même chose, comment on en arrive là ? C’est incompréhensible pour moi … Et on en parle pas de l’esclavage. Oui, moi j’en parle mais moi je suis qui ? C’est pas suffisant. Mais bon c’est déjà ça”. 

“Je ne suis pas quelqu’un qui peut supporter de ne pas s’occuper de ses enfants”

Enfin, un dernier point sur lequel Booba s’épanche et permettra sûrement de voir l’artiste sous un autre angle : ses enfants. Le rappeur de 42 ans est père de 2 enfants, Luna, âgée de 5 ans, et Omar, âgé de 4 ans, et affirme qu’il est Monsieur tout le monde à Miami, s’occupant de ses enfants comme tout père de famille : “Je sèche les cheveux de ma fille, des fois je la coiffe, je l’emmène à l’école, je vais la chercher. Heureusement, je serais malheureux si je pouvais pas m’occuper d’eux, c’est la base. J’étais prêt [à l’arrivée de ses enfants]. J’étais conscient, je sais que c’est en moi, je ne suis pas quelqu’un qui peut supporter de ne pas s’occuper de ses enfants, d’être séparé et de les voir que pendant les grandes vacances […] Je pense qu’ils ont eu beaucoup plus de “chance”, beaucoup plus d’attention. Pas que ma mère ne m’ait pas donné d’attention, mais j’ai pas grandi avec mon père. Je pense qu’ils ont beaucoup plus d’amour que je n’en ai eu.”

Selon les dires de Booba, Omar n’est pas trop un showman comme lui alors que Luna aime se mettre en scène : “C’est une énergie brute, elle rayonne, quand elle se met à chanter, je la trouve incroyable. C’est ma fille.” Pour savoir ce que Booba déclare sur le groupe qu’il formait avec Ali, Lunatic ou encore sur ce qu’il prépare comme projet en 2020, retrouvez l’intégralité de l’interview ci-dessous :