Affaire Ibrahima : la version de la police remise en cause

Quelques jours après la mort d’Ibrahima, un jeune de 22 ans décédé des suites d’un accident de moto à Villiers-le-Bel, plusieurs éléments révélés par L’Obs indiquent que la version des policiers ne correspond pas aux différents indices recueillis par les enquêteurs.

Son décès a évidemment provoqué une vague de tristesse et de colère. Alors que des policiers étaient en train d’effectuer un contrôle de police dans un quartier de Villiers-le-Bel, Ibrahima, 22 ans, passait par là pour rejoindre un terrain adapté à sa moto de cross, l’une de ses passions, mais n’y arrivera jamais. Selon différents témoignages, alors qu’il avançait en direction des policiers, un fourgon des forces de l’ordre arrivé en renfort va se mettre en travers de sa route, le projetant contre un poteau métallique placé sur le trottoir. Une version rejetée par les policiers, qui assurent qu’ils ont voulu contrôler Ibrahima, mais que ce dernier, sous l’effet de la panique, aurait tout simplement tenté de fuir en grimpant le trottoir. Selon eux, il aurait alors perdu le contrôle de son véhicule avant d’heurter le poteau.

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Sauf que selon plusieurs éléments recueillis par L’Obs, la version des forces de l’ordre est d’ores et déjà mise à mal par les premières constatations des enquêteurs. Contrairement à ce qu’avait affirmé le Préfet du Val-d’Oise le soir des faits, la moto d’Ibrahima, certes non homologué pour rouler sur route, n’était pas volé mais bien la propriété du jeune homme originaire de Sarcelles. Surtout, les enquêteurs en charge du dossier, qui ont pu interrogé différents témoins, ont recueilli le témoignage d’un automobiliste circulant non loin des faits et n’habitant pas le quartier. Ce dernier a ainsi affirmé qu’un fourgon avait bien heurté la moto du jeune Ibrahima, qui malgré sa tentative pour ralentir, n’a pas pu éviter le véhicule de police. L’automobiliste se serait même arrêté pour tenter de lui porter secours, reprochant aux forces de l’ordre le choc qu’ils avaient provoqué. Autant dire que l’enquête de l’IGPN afin de faire toute la lumière sur ce décès suspect risque encore d’être longue…