Après les attaques racistes subies par Moussa Marega ce dimanche 16 février lors de la rencontre entre son club du FC Porto et Guimaraes, le joueur des Ulis avaient quitté la pelouse. Booba et Médine lui ont apporté leur soutien, alors qu’il a réagi au micro de RMC Sport…

L’attaquant franco-malien du FC Porto, natif des Ulis (91), a quitté la pelouse du stade de Guimaraes ce 16 février, à 71ème minute, après des insultes envoyées des tribunes (entre chants racistes et cris de singes), par les supporters de Guimaraes où il avait déjà évolué une saison (2016-2017). Le joueur de 28 ans, exaspéré, avait marqué 10 minutes auparavant le but décisif de Porto où il joue désormais (2-1). Alors que la Fédération portugaise de football s’est tout de suite indignée, le club portugais Vitoria Guimarães a annoncé, dès dimanche soir, qu’il allait ouvrir une enquête. Mais les images avaient déjà fait le tour du monde et choqué. Indigné, le Premier ministre portugais avait même pris la parole : “Nous devons tous exprimer notre solidarité envers lui et le refus total de ce type de comportement”. Le président de la République Marcelo Rebelo de Sousa, lui, avait mis en garde contre les conséquences “dramatiques” du racisme et de la xénophobie.
Si ses coéquipiers avaient bien tenté de le retenir sur le terrain, Moussa Marega s’était exprimé dans la soirée sur son compte Instagram : “Je voudrais juste dire à ces idiots qui viennent au stade pour lancer des cris racistes… allez vous faire f….. Et je remercie également les arbitres de ne pas m’avoir protégé et de m’avoir donné un carton jaune parce que je défends ma couleur de peau”, avec des émojis représentants des doigts d’honneur. Il concluait par : “J’espère que je ne vous reverrai plus jamais sur un terrain de football ! Vous êtes une honte !

Un mouvement de soutien

Si Alain Giresse, ancien sélectionneur de Marega au Mali, lui avait apporté son soutien dans les pages du Parisien, tout comme l’entraîneur de Porto, Sérgio Conceição qui a déclaré : “Nous sommes une famille, indépendamment de la nationalité, de la couleur de peau ou de cheveux. Nous sommes tous humains, nous méritons du respect. Ce qui s’est passé ici est lamentable”, suivi d’un “Nous sommes tous Moussa” sur ses réseaux sociaux, des associations comme SOS Racisme et Sportitude-France ont aussi réagi. L’attaquant international malien a aussi pu compter sur le réconfort de proches et d’anciens coachs qui l’ont accompagné aux Ulis ou à Evry, ainsi que de l’attaquant de Manchester United, Anthony Martial, originaire du même quartier des Ulis, qui twittait : “Force au frero. On est ensemble”.

Du côté des artistes, Booba et Médine n’ont pas manqué, même s’ils n’ont pas été très loquaces, de montrer leur écœurement et leur soutien au footballeur sur leurs réseaux. Ainsi, en publiant le même photo, Médine a choisi de placer des émojis doigt d’honneur sur Twitter, quand Booba a fait référence à son tube DKR (“C’est pas le quartier qui me quitte, c’est moi j’quitte le quartier”) en glissant en légende : “C’est pas le terrain qui me quitte…” pour commenter la réaction de Moussa Marega sur la pelouse ce dimanche. Le lendemain, il repostait sur Instagram toute la séquence vidéo de l’indicent.

 

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@marega11 Ratpi navigue en solo ????‍☠️

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C’est pas le terrain qui me quitte… @marega11 ⚔️

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“Une grosse humiliation…

Ce lundi 17 février, Moussa Marega revenait sur ce dramatique incident (un peu trop récurrent dans le monde du foot) dans l’émission Team Duga sur RMC : “Tous les messages m’ont donné une force incroyable. C’était une grosse humiliation pour moi. Ça avait commencé dès l’échauffement. Mais c’était 2 ou 3 personnes. Quand c’est tout le stade qui se moque de notre couleur de peau, c’est impossible de continuer à jouer. On aimerait tous que le match s’arrête, qu’il y ait un geste fort des arbitres et de la Ligue.” Il explique comment il a vécu l’après-match :  “Sur le moment, mes partenaires ne comprennent pas ma réaction. Ils sont choqués par rapport au fait que j’ai envie de quitter la pelouse. Leur 1ère réaction, c’est d’essayer de me calmer, ils me connaissent très bien et savent que je peux faire des bêtises lorsque je suis énervé, ils essayent de me calmer pour ne pas que je fasse une grosse faute. Mais je leur dis juste qu’avec les insultes, je ne peux pas continuer. Ce n’était vraiment plus possible. Il poursuit : Là, ça va mieux. Dimanche, c’était beaucoup plus difficile. Je me suis vraiment senti comme une merde, c’était une grosse humiliation pour moi. A partir du moment où je suis rentré chez moi, où j’ai vu mon fils, ça allait mieux.”