Face à la polémique de sa nomination aux Césars, Roman Polanski a tout simplement annulé sa participation à la grande cérémonie consacrée au cinéma français…

Vendredi 28 février, la 45ème cérémonie des Césars – présentée par Florence Foresti – se tiendra dans la salle Pleyel, dans le 8ème arrondissement de Paris. Bon nombre de célébrités du cinéma français défileront sur le red carpet… mais Roman Polanski y a renoncé.

Une venue polémique

Au mois de janvier, les nominations tombaient. Quelques films se démarquaient en étant nommés à plusieurs reprises. Les Misérables de Ladj Ly – revenu bredouille des Oscars – et La belle époque de Nicolas Bedos sont cités dans 11 catégories. Ils sont suivis par le long-métrage Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma qui est nommé dans 10 catégories. Mais c’est le film J’accuse de Roman Polanski qui remporte la palme du film le plus mentionné avec 12 nominations dont celle de Meilleur film, Meilleure réalisation et Meilleure adaptation.

Un choc pour l’opinion publique et certains professionnels puisqu’au moment de la sortie du film J’accuse – en novembre – le réalisateur réalisateur franco-polonais a été de nouveau accusé d’agressions sexuelles et de viol par une photographe française, Valentine Monnier, alors qu’il a déjà été condamné aux Etats-Unis pour d’autres faits. Des associations féministes ont alors appelé à manifester contre ces 12 nominations, et notamment de se présenter devant la salle Pleyel ce vendredi à 18 heures avant le début de l’évènement. Sous la pression et alors que la direction de l’Académie des Césars avait déjà préféré démissionner (accusée d’opacité et d’entre-soi par 400 personnalités du cinéma dans une tribune au Monde), Roman Polanski a confirmé à la veille de la cérémonie, par communiqué, qu’il ne serait pas présent à la cérémonie : “Des activistes me menacent déjà d’un lynchage public. Certains annoncent des démonstrations devant la Salle Pleyel. D’autres comptent en faire une tribune de combat contre une gouvernance décriée. Cela promet de ressembler davantage à un symposium qu’à une fête du cinéma censée récompenser ses plus grands talent. Les médias et les réseaux sociaux présentent nos 12 nominations comme un cadeau de la Direction de l’Académie, geste autoritaire qui aurait provoqué sa démission. On balaie ainsi d’un revers de la main le vote secret de 4313 professionnels qui, seuls, décident des nominations, et plus de 1,5 million de spectateurs qui se sont déplacés pour voir le film. Je me dois de protéger mon équipe. Mais je dois aussi protéger ma famille, ma femme [Emmanuelle Seigner, ndlr] et mes enfants [Morgane, 26 ans et Elvis, 21 ans], à qui on fait subir injures et affronts, appliquant une responsabilité collective d’un autre âge. Les activistes agitent le chiffre de 12 femmes que j’aurais agressées il y a un demi-siècle ; ces fantasmes d’esprit malsains sont désormais traités comme des faits avérés. Un mensonge répété 1000 fois devient une vérité. C’est donc avec regret que je prends cette décision, celle de ne pas affronter un tribunal d’opinion autoproclamé prêt à fouler au pied les principes de l’état de droit pour que l’irrationnel triomphe à nouveau sans partage”.

Une manière de calmer quelque peu les tensions…