Après la diffusion d’une vidéo dans laquelle 2 policiers tiennent des propos racistes lors d’une interpellation, le préfet de police de Paris a décidé de suspendre les 2 agents…

Les dérapages policiers sont plutôt en vogue en ce moment ! C’est en tout cas une nouvelle affaire qui vient embarrassé le préfet de police de Paris. Ce lundi 27 avril, Didier Lallement a demandé la suspension de 2 policiers soupçonnés de propos racistes déclarés lors d’une interpellation samedi 25 avril au soir, en banlieue parisienne. Dans la vidéo partagée sur Twitter, des policiers sont filmés juste après une interpellation et tiennent des propos racistes à l’encontre d’un suspect qualifié de “bicot” (correspond à une insulte raciste, extrêmement péjorative, qui désigne une personne d’origine maghrébine). La scène se déroulerait durant la nuit aux alentours de 2h du matin, quai du Moulin sur l’Ile-Saint-Denis…

Dans la Seine…

Filmée par un témoin, la scène a été rendue publique par le journaliste de terrain et militant franco-algérien de 22 ans, Taha Bouhafs, qui s’était notamment fait remarquer en janvier 2020 quand il avait révélé que la présence du président Macron et de sa femme dans le théâtre parisien des Bouffes du Nord (au 44ème jour de grève contre la réforme des retraites), puis avait été placé en garde à vue. Il a de nouveau été interpellé ce dimanche 19 avril à Villeneuve-la-Garenne, au lendemain de l’accident entre un motard et les forces de l’ordre, alors qu’il assistait aux émeutes liées à ce qui s’apparente à une bavure policière. Il est aussi celui qui avait filmé, sans le savoir, Alexandre Benalla tabassant un jeune homme, le 1er mai 2018. Une vidéo à l’origine de ce que l’on appelle désormais “l’affaire Benalla”… Ce dimanche 26 avril, il dévoilait donc cette vidéo d’un homme qui s’était jeté dans la Seine pour fuir la police, qui intervenait dans le cadre d’un vol en réunion commis sur un chantier Eiffage à Asnières-sur-Seine (rue Pierre-Curie), dans les Hauts-de-Seine selon les procès-verbaux consultés par 20 Minutes. Dans ce dossier, il apparaît que l’homme, un Egyptien de 27 ans, avait d’abord fui les policiers avec ses 2 complices à bord d’une Renault Laguna avant d’abandonner le véhicule… Ses 2 complices partis dans des directions opposées, lui avait préféré se mettre à l’eau  dans la Seine pour se laisser dériver… Mais une autre patrouille de police passant par là, l ‘a repêché et a procédé à son interpellation…

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 “Un bicot comme ça, ça nage pas” !

“Un bicot comme ça, ça nage pas !” dit l’un des policiers, quand son collègue lui répond : “Ah ah ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied !”, laissant supposer que les agents avaient sorti le suspect de l’eau. Dans la suite de cette vidéo, on perçoit les agents rire et des bruits sourds venant du fourgon se mélangeant aux cries de l’interpellé. La préfecture de police s’est par ailleurs exprimée dans un message adressé à l’AFP et a rapidement affirmé vouloir saisir l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) : Une vidéo montrant une intervention de police à l’Ile-Saint-Denis circule sur les réseaux sociaux. Le préfet de Police va saisir l’IGPN afin de faire toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles les policiers sont intervenus et déterminer l’identité des auteurs des propos entendus”. Selon la préfecture, les agents intervenaient dans le cadre d’un vol en réunion, et 2 enquêtes – une administrative et l’autre judiciaire – ont désormais été ouvertes alors que les 2 agents des forces de l’ordre ont été mis à pied.

Le ministre de l’Intérieur réagit…

Le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, a également réagi sur Twitter : “Le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine”“L’homme a été conduit à l’hôpital après sa chute dans la Seine”, a affirmé à l’AFP la procureure de la République de Nanterre, Catherine Denis qui indiquait avoir saisi l’IGPN pour “une enquête judiciaire pour injures à caractère raciste et violences par personne dépositaire de l’autorité publique”. Selon elle, aucune plainte n’a toutefois été déposée. L’homme interpellé avait été remis en liberté dans la nuit de son arrestation. Sa garde à vue avait été levée, et la procédure classée parce que “le matériel objet du vol” avait été restitué et que l’individu faisait l’objet “d’une décision administrative d’obligation de quitter le territoire français au regard de sa situation irrégulière”