Véritable ambassadeur de la musique kabyle, Idir s’en est allé ce samedi 2 mai. Ça famille a annoncé la triste nouvelle sur les réseaux sociaux…

Hamid Cheriet, dit Idir qui a largement représenté la chanson kabyle dans le monde, s’était installé à Paris en 1975, pour réaliser son 1er album, Vava Inouva. Né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie, Hamid Cheriet, étudiant en géologie se destinait à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne lorsqu’en 1973, de passage dans les locaux de Radio Alger, il remplace sur le champs Nouara qui devait chanter une berceuse qu’il lui avait composée. Il interprète alors lui-même sa chanson en berbère, Rsed A Yidess. Dans la foulée, il enregistre un 2nd titre, A Vava Inouva… Les 2 chansons feront le tour du monde pendant qu’il poursuit son service militaire. L’identité est déjà un thème qui le touche et qu’il a besoin de chanter, un thème qui est au cœur du texte d‘A Vava Inouva dont son 1er opus portera le même nom.

idir-alger

Pas vraiment en harmonie avec l’industrie de la musique, le tonton Kabyle se fait plus rare pendant une dizaine d’années, entre 1981 à 1991, quand il revient avec une compilation de 17 chansons de ses 2 premiers albums qui le remet sur la voie des concerts. En 1993, il publie Les chasseurs de lumière où il mélange les sons traditionnels et modernes pour chanter l’amour, la liberté et l’exil. Défenseur de la diversité culturelle, il sort en 1999, avec l’album Identités, où il convie Manu Chao, Dan Ar Braz, Maxime Le Forestier, Gnawa Diffusion, Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre National de Barbès. Cette année là, il collabore très symboliquement avec Cheb Mami, sur l’album de ce dernier Meli Meli, sur le titre Azwaw 2.

Idir et le rap français

Entre temps, Idir s’est reconnu dans la scène rap française et a collaboré avec de nombreux artistes. En 2007, il poursuit son engagement avec l’album La France des couleurs, publié en pleine campagne pour l’élection présidentielle française durant laquelle il est fortement question d’immigration et l’identité. Un disque pour défendre “les couleurs de la France”, comme il aime l’expliquer. Sur celui-ci, il invite la nouvelle génération issue de la culture urbaine française à composer ses nouvelles chansons : on retrouve ainsi Akhenaton, Grand Corps Malade (qui lui a écrit la chanson Lettre à ma fille), Zaho (Tout ce temps, La France des couleurs), Wallen, Sinik, Kenza Farah, Oxmo Puccino, Disiz La Peste et aussi Dj Kore… D’ailleurs, il avait participé au projet de Dj Kore, Raï’N B Fever 2, en posant aux côtés de Rim’K et Sniper sur d’Où je viens qu’il avait repris pour son album, La France de couleurs. Idir côtoie également des artistes comme Amine, Leslie, ou Corneille…

Idir , Rim’K et Sniper – D’où je viens :

 

Au début de l’année 2018, après 38 absence, il avait choisi de revenir chanter à Alger pour le nouvel an berbère Yennayer. Le , il se produira à la coupole d’Alger. Un an plus tard, il sera sur scène à l’AccorHotels Arena aux côtés de Aït Menguellet et Allaoua, pour fêter le nouvel an barbère, c’est le Yennayer 2969.

Le tonton est parti

Sa famille a annoncé son décès ce samedi à l’âge de 70 ans (à l’Hôpital Bichat) sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook officielle du chanteur : “Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père (à tous), Idir, le samedi 2 mai à 21h30. Repose en paix papa”.

Le Président de la République algérien, M. Abdelmadjid Tebboune a adressé ce dimanche un message de condoléances à la famille de l’artiste, le plus populaire des chanteurs kabyle : “J’ai appris avec beaucoup de regret et de tristesse la nouvelle de la disparition de feu Hamid Cheriet, connu sous le nom artistique d’Idir, l’icône de l’art algérien, à la renommée internationale… L’Algérie perd en lui une pyramide de l’art algérien.”

Les artistes ont également souhaité lui dire au revoir sur les réseaux. Dont Zaho qui a tenu à partager ses sentiments et lui rendre un long hommage : Choquée et profondément triste d’apprendre le décès de l’un des piliers du patrimoine Algérien, celui qui a bercé notre enfance, celui dont les chansons devenues hymne de plusieurs générations m’ont apporté réconfort et courage pendant les moments difficiles, celui dont la rencontre a changé ma vie, ma trajectoire , celui dont la générosité et la joie de vivre m’ont marqué à vie, celui qui sans prendre en compte ni buzz ni notoriété a donné sa chance a une petite algérienne du nom de zaho alors connu de personne venue lui interpréter une chanson quelle a écrite pour lui, celui qui pendant les enregistrements et des années après m’a fait rire avec ses blagues si singulières, celui qui a su garder son cœur d’enfant … tout ce temps … Mes sincères condoléances et pensées…”

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Au revoir tonton idir 🥺 La fierté kabyle

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Choquée et profondément triste d'apprendre le décès de l'un des piliers du patrimoine Algérien, celui qui a bercé notre enfance, celui dont les chansons devenues hymne de plusieurs générations m'ont apporté réconfort et courage pendant les moments difficiles, celui dont la rencontre a changé ma vie, ma trajectoire , celui dont la générosité et la joie de vivre m'ont marqué à vie, celui qui sans prendre en compte ni buzz ni notoriété a donné sa chance a une petite algérienne du nom de zaho alors connu de personne venue lui interpréter une chanson quelle a écrite pour lui, celui qui pendant les enregistrements et des années après m'a fait rire avec ses blagues si singulières, celui qui a su garder son cœur d'enfant … tout ce temps … Mes sincères condoléances et pensées vont à ta famille et dieu sait qu'elle est grande car tu es notre père à tous. On t'aime

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