Jeudi 3O avril, Eric Zemmour était victime d’agression dans la rue. Après qu’une enquête ait été ouverte, et que le polémiste soit revenu sur cet épisode à la télévision, son agresseur a été interpellé…

Samedi 2 mai, le parquet de Paris ouvrait une enquête pour “violences” et “menaces” après qu’une vidéo du journaliste politique et polémiste Eric Zemmour, pris à partie dans la rue, ai été publiée sur les réseaux sociaux ce 30 avril. L’enquête a alors été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Dans la vidéo en question, diffusée initialement sur le compte Snapchat d’Haram La Gratuité, un homme filme Zemmour marchant seul, portant des sacs de course, dans une rue parisienne. L’homme le suit sur plusieurs dizaines de mètres, l’insulte et le menace… Plus tard, ce dernier prendra la parole pour se moquer puis justifier son attitude. En effet, l’individu se justifiera dans la soirée en indiquant qu’il ne pouvait que l’insulter, étant donné que le journaliste était “beaucoup trop fort” en tant qu’orateur pour discuter avec lui. Il ajoute qu’il lui aurait craché dessus… Après une vague d’indignations, notamment de politiques d’extrême droite et de quelques personnalités, ainsi que de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, du président du Sénat Gérard Larche ou encore de la Licra, Eric Zemmour prenait la parole sur la chaîne où il officie, CNews, pour réagir.

À LIRE AUSSI: Eric Zemmour insulté dans la rue… son agresseur s’explique ! [Vidéo]

Zemmour réagit, Macron l’appelle

Réagissant à son agression et aux messages de soutien qu’il a reçus, de personnalités proches ou non de ses idées, Eric Zemmour était l’invité de Christine Kelly dans l’émission Face à l’info sur CNews ce lundi 4 mai. Le journaliste de 61 ans déclarait à l’antenne : “Je ne suis pas un martyr, je défends simplement des idées”.  Ce dernier a aussi rappelé que de nombreuses personnes subissaient régulièrement ce même genre d’agression : “Pour moi c’est terrible, mais c’est banal. Il y a des millions de gens qui vivent la même chose que moi et qui vivent même pire, et qui n’ont pas de coup de fil du président de la République”.

 

Zemmour a ainsi raconté avoir reçu un appel d’Emmanuel Macron, qui n’était pas désintéressé selon lui : Je voudrais rendre hommage à l’élégance du geste, même si je fus et je suis journaliste politique, donc je vois les arrières-pensées politiques… mais enfin, il y a aussi une élégance qu’il faut reconnaître”, a-t-il déclaré à propos du geste du président. Ce dernier a ensuite ajouté : “Il m’a d’abord tout simplement demandé comment ça allait, tout bêtement. Et puis la discussion s’est engagée et on s’est rendu compte que nos désaccords étaient profonds et qu’il fallait un peu de temps pour les élucider. Donc nous avons parlé longtemps…”, sans donner davantage de détails sur cet entretien qui aura duré 45 minutes…

“En le voyant, je me suis laissé emporter… Je tiens à préciser que je ne l’ai pas touché. Je n’avais ni l’intention, ni l’envie de l’agresser physiquement… Je ne lui ai pas craché dessus. On peut voir dans une vidéo publiée par la suite me vanter de lui avoir craché dessus, mais c’est complètement faux… J’ai mal agi. Je n’aurais pas dû agir de cette façon, j’ai pu le blesser et j’ai choqué beaucoup de monde et je regrette vraiment mon geste… Je n’agis au nom d’aucune communauté et contre aucune communauté, malgré tout ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux”, s’expliquait l’auteur de l’agression dans une autre vidéo postée sur Snapchat. Eric Zemmour est également revenu dans l’émission sur cette dernière prise de parole de son agresseur, qui déclarait finalement regretter son geste. Pour le journaliste, ces excuses auraient été commandées par l’avocat de son assaillant pour minimiser les conséquences de son acte devant la tournure judiciaire que prenaient les choses. Zemmour a considéré que ses excuses étaient “du bidon”, d’autant que les faits étaient graves, et plus encore avec ce crachat reçu “en temps de coronavirus. Il est également revenu sur ses théories délirantes à propos de la lutte des civilisations pour expliquer son agression : “Je pense que ces islamo-racailles, c’est comme ça que les appelle, sont le bras armé d’une guerre de civilisation sur notre sol, d’un djihad permanent qui pourchasse les infidèles.”

L’arrestation de l’agresseur

Finalement, l’agresseur qui répond au nom de Mehdi Korchi, et résidant à Orléans, a été interpellé et placé en garde à vue ce lundi 4 mai, après sa convocation par les enquêteurs de brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Déféré devant le tribunal de Paris, mardi 5 mai, il lui a été notifié qu’il sera convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris où il sera jugé pour “menaces” le 9 septembre 2020. D’ici là, il a été placé sous contrôle judiciaire avec “interdiction de paraître à Paris, obligation de pointage dans la ville de son lieu de vie, interdiction de contact avec la victime et obligation de justifier d’une activité professionnelle”.

Notons que pour sa part, Eric Zemmour connaît aussi quelques déboires avec la justice. Celui qui aime provoquer en délivrant ses théories raciales, parfois haineuses envers certaines communautés, doit aussi comparaître pour “injure publique à caractère racial” et “provocation publique à la haine raciale” après son discours controversé contre l’immigration et l’islam lors d’une ‘Convention de la droite en septembre 2019 à Paris. Son procès, prévu en janvier, a été reporté… En septembre, il avait été condamné, après un rejet en cassation, à 3 000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse pour des propos antimusulmans tenus  en 2016, dans l’émission C à vous sur France 5. Une affaire pour laquelle son avocat a intenté un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme.