Après le décès du jeune Sabri, 18 ans, dans un quartier d’Argenteuil, la police était accusée d’être impliquée dans l’accident, mais elle s’en défend…

Une enquête vient d’être ouverte par le parquet de Pontoise pour déterminer les circonstances de la mort du jeune Sabri, 18 ans, décédé d’un accident de motocross dans la nuit de samedi 16 à dimanche 17 mai à Argenteuil, à proximité d’une voiture de police. Le jeune homme, qui ne portait pas de casque au moment des faits, a perdu le contrôle de son cross avant de percuter un poteau électrique dans le quartier du Val-d’Argent Nord. Rapidement, un mouvement de colère s’est soulevé à l’encontre des fonctionnaires de police de la BAC d’Ermont qui étaient près du lieu de l’accident, surtout que les proches du garçon ne peuvent pas l’imaginer perdre, seul, le contrôle de sa moto. L’idée d’une bavure policière a ainsi commencé à faire son chemin. D’après le parquet, bien qu’il ne soit pas mort sur le coup, le jeune homme est décédé dimanche matin suite à un “traumatisme cranio-facial dû au choc”,  à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Selon les 1ère conclusions de l’expertise en accidentologie, Sabri n’était pas poursuivie par la véhicule de police sur place. En effet, cette analyse a prouvé “l’absence de choc entre le véhicule de la police et la moto”. Les avocates de la famille de la victime, restent tout de même méfiante et craignentun risque de déperdition des preuves, alors que la scène de l’accident n’a pas été figée et qu’y gisent encore les débris du scooter de Sabri. Maîtres Lucie Simon et Camille Vannier demandent également “l’exploitation des communications radio des différentes équipes de la brigade anticriminalité, mais aussi de celles de la police et des secours, elles affirment qu’une plainte sera déposée dans les prochains jours”.

 

La police s’exprime

D’après le parquet, la police de la BAC d’Ermont, qui circulait cette nuit-là du côté d’Argenteuil où a eu lieu le dramez, “avaient remarqué une moto type motocross se dirigeant vers eux à grande vitesse. Roulant très vite dans une rue étroite, rue du Trouillet, le conducteur “se serait déporté sur le trottoir pour continuer son chemin, étroit et semé d’obstacles”la victime aurait alors percuté de plein fouet un poteau électrique. Une situation qui a provoqué dimanche soir, des tensions et violences à Argenteuil dans le quartier d’où est originaire Sabri. Des voitures, poubelles ainsi que des abribus ont été calcinés devant les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser de petits groupes…

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La voix de la raison

S’il ne cherche pas à mettre absolument en cause la police, Khalid Chouhbi demande à connaître les circonstances exactes de l’accident de moto qui a tué son fils. Le papa de Sabri avait déjà appelé au calme ce dimanche alors que des scènes d’émeutes commençaient à se multiplier dans sa ville. Et alors que de nouveaux incidents ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Argenteuil, avec interpellations et des policiers blessés, le père de 58 ans a raconté au Parisien une scène qui s’est déroulée le dimanche soir : “Ils ont tiré des gaz vers les jeunes et moi. J’ai dit : Arrêtez, je suis le papa du petit Sabri ! Leur chef est venu et s’est excusé. Moi, je lui ai fait un bisou sur la joue. Moi, je n’ai rien contre la police.” Effondré par la perte de son garçon, il cherche simplement la vérité : “Je n’étais pas là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. J’ai confiance en la justice, je veux juste comprendre pourquoi mon fils est parti.”

Une marche en hommage à Sabri est prévue ce jeudi 21 mai à Argenteuil.