32 ans plus tard, N.W.A. revient au 1er plan de l’actualité musicale avec son classique Fuck Tha Police, ainsi que plusieurs autres chansons, pour leur message contestataire, et notamment des violences policières…

Au vu des nombreuses manifestations et du mouvement social devenu international contre le racisme les violences policières, après le décès de George Floyd, la musique urbaine est rapidement devenu la bande-originale de cette mobilisation populaire. Plusieurs chansons ainsi ont vu leur cote de streaming monter, notamment aux Etats-Unis. C’est le cas de l’iconique Fuck Tha Police de N.W.A. datant de 1988 (présent sur l’album Straight Outta Compton) : “Police think/They have the authority to kill a minority…” (“La police croit/qu’elle a l’autorisation de tuer un membre d’une minorité”). Et même du percutant This Is America interprété par Childish Gambino, et de son clip choc paru en 2018. Des sons qui résonnent plus que jamais dans le cœur de la population lassée de toutes ces injustices envers la communauté noire. Alors que Fuck Tha Police date de plus de 30 ans, celui-ci est donc topujours d’actualité. Selon Rolling Stone, le son a enregistré une augmentation d’écoute de 272 % au niveau du streaming, dans la semaine du 27 mai au 1er juin. 765 000 flux audio ont été enregistrés la semaine passée pour la musique de N.W.A. Quant au morceau This Is America, après être devenu un hymne sur TikTok à la suite de la polémique autour du meurtre d’Ahmaud Arbery, il enregistre une croissance de 149 % de streams. Des statistiques qui proviennent d’Alpha Data, une source statistique utilisée par les médias américains pour réaliser leurs classements.

N.W.A. – Fuck The Police :

Childish Gambino – This Is America :

Kendrick Lamar, Beyoncé… au Top des charts

Mis à part ces 2 classiques, d’autres morceaux de protestation, et pas seulement dans le rap, connaissent une hausse de streaming significative durant cette période de trouble aux Etats-Unis : Alright de Kendrick Lamar de 2015 (+ 71%) , Freedom interprétée par Beyoncé en 2016, Fight The Power de Public Enemy (+ 89%) de 1988, Don’t Die de Killer Mike (+ 542%) sorti en 2012, Say It Loud – I’m Black and I’m Proud (“Dites-le haut et fort – Je suis noir et j’en suis fier”) de James Brown (+ 455%) paru en 1968, ou encore I Wish I Knew How It Would Feel to Be Free de Nina Simone (+ 34%) toujours en 1968. Cette hausse de streaming peut être mise en relation avec la décision des plateformes de streaming comme Spotify, de mettre en avant les artistes noirs durant le Blackout Tuesday. Ou tout simplement, par le message insufflé par les artistes, dans ces chansons qui traitent de sujets et de revendications qui malheureusement restent les mêmes à travers les époques, et qui partent à toute la communauté, surtout quand le son de la révolte gronde dans la rue. 

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Le rap US dénonce

C’est aussi le bon moment pour protester en musique et sortir des sons luttant contre le racisme (et les exactions de la police), comme l’a fait YG avec son FTP, Conway The Machine avec Front Lines, ou Ty Dolla $ign qui a dévoilé récemment l’extrait d’un track en lien avec les évènements récents. Quant à Jay-Z, il a créé une playlist Songs for Survival 2 où il a placé des morceaux protestataires qui dénoncent le racisme et les violences que la communauté noire subit. On peur également évoquer, le morceau Riot de XXXTENTACION partagé en 2015 sur SoundCloud, condamnant les officiers de police qui abusent de leur pouvoir, qui a été mis en ligne officiellement cette semaine, sur les plateformes de streaming…