La plateforme anciennement Musical.ly aux 800 millions d’utilisateurs s’engage avec le hashtag #BlackLivesMatter partagé plus de 9 milliards de fois, explications…

Si TikTok amuse avec des milliers de vidéos au contenu parfois créatif, depuis la mort de Georges Floyd le 25 Mai, Tik Tok a pris une nouvelle dimension. Des milliers de jeunes ont commencé à diffuser des vidéos dénonçant le racisme et les violences sous le hashtag #BlackLivesMatter ou encore #GeorgesFloyd. Cette initiative, en plus de libérer la parole, permet aux manifestants de s’organiser et également de se préparer, à l’image des vidéos d’Hyram, qui compte 2,3 millions d’abonnés. Si celui-ci avait l’habitude de donner des conseils maquillage, ses dernières vidéos ont radicalement changé de thématique puisqu’il explique comment se protéger des gaz lacrymogènes ! Pour beaucoup, l’utilisation de TikTok en cette période est comparable à l’utilisation de Twitter pendant le printemps arabe. S’il est trop tôt pour clairement identifier ce parallèle, il est clair que TikTok prend une tournure très engagée.

@jaztopaz

Periodt! #fyp #SpaceForceWalk ReplyToComments #blm #blacklivesmatter #georgefloyd

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@skincarebyhyram

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Une plateforme engagée…

Avec ce phénomène, aujourd’hui TikTok devient un porte parole et la plateforme privilégiée pour dénoncer les inégalités. L’application, propriété du groupe chinois ByteDance avait déjà pris une tournure très engagée le 29 avril avec des milliers d’adolescentes qui ont posté des vidéos dénonçant les abus sexuels dont elles avaient été victime en l’honneur du Denim Day (jour du jean, en l’honneur d’une décision de la cour de cassation italienne d’annuler une condamnation pour viol car la victime portait un jean trop moulant). Les jeunes filles postaient des vidéos libératrices où elles montraient la tenue qu’elles portaient le soir de l’agression en dansant. Une prise de parole libératrice et déculpabilisant qui avait popularisé les hashtag #DidISayYes ou #NoMeansNo.

@carmelon.head

idea credit: @betterhere #metoo #denimday #fyp #foryoupage #support #proud

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… Mais controversée

Si les utilisateurs prennent possession de TikTok, il semblerait que les dirigeants du groupe ne soient pas si ouverts à la liberté d’expression. Le Guardian avait récemment publié un article sur les consignes d’utilisation de la plateforme. Il est par exemple clairement interdit de parler du Tibet, des conflits religieux ou encore de Donald Trump. Le réseau interdit toutes “critiques envers le régime politique d’un pays, qu’il s’agisse d’une monarchie constitutionnelle, d’une monarchie, d’un régime parlementaire ou socialiste”. Après des accusations pour avoir également interdit de relayer les manifestations à Hong-Kong, des accusations similaires ont été renouvelées lorsque l’application n’affichait plus de résultats pour les hashtags #BlackLivesMatter ou #GeorgesFloyd. Bien qu’il s’agissait officiellement d’un bug, TikTok a quand même préféré présenter ses excuses et assuré de son soutien à la communauté afro-américaine. On peut toutefois se demander s’ils n’essaieraient pas de séduire les utilisateurs en façade alors que le gouvernement américain a ouvert une série d’enquêtes accusant le réseau de “servir le territoire chinois sur le sol américains”. Dans ce contexte de guerre froide 2.0, la directrice des opérations américaines de TikTok a toutefois déclaré que “TikTok est un moyen pour les utilisateurs de s’exprimer. Cette expression est souvent joyeuse, mais notre communauté traverse une période d’angoisse particulièrement profonde et même d’indignation, et une grande partie du contenu de l’application cette semaine reflète clairement ces expériences.”