Programmé le 31 juillet à Orlando, la reprise de la NBA n’est pas du goût tout le monde, en cette période de protestations massives contre le racisme. Plusieurs voix se sont élevées publiquement contre le retour du basket américain cet été, dont celle de Kyrie Irving, le meneur de jeu des Brooklyn Nets…

Suspendue en mars en raison de la crise du Coronavirus, la célèbre ligue de basketball américain va bel et bien faire son retour, le 31 juillet 2020, du côté de Disney World, à Orlando, en Floride. Si cette nouvelle est perçue comme une aubaine pour certains, elle est considérée comme une distraction pour d’autres, compte tenu des injustices sociales et du racisme qui gangrènent les Etats-Unis, surtout en ce moment. La star des Brooklyn Nets, Kyrie Irving, s’est mué en leader de cette fronde contre la reprise de la NBA en menant une conférence téléphonique impliquant pas moins de 80 joueurs. Selon l’insider NBA, Shams Charania, le joueur de 28 ans a déclaré : “Je ne supporte pas cette décision d’aller à Orlando. Je ne tolère pas le racisme systémique et toutes ces conneries. Tout ça paraît louche”, tout en ajoutant qu’il était enclin à “tout abandonner pour la mise en place de réforme sociale”. Un appel écouté et entendu par plusieurs joueurs qui se sont aussi élevés publiquement contre la reprise. Le joueur des Clippers, Lou Williams, parle de “distraction dans le climat actuel”, le pivot des Los Angeles Lakers, Dwight Howard, déclare que l’unité de mon peuple est un titre bien plus grand que le sacre NBA.

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Une prise de position clivante

Bien que cette fronde menée par Kyrie est socialement noble, elle n’a pas pour autant gagné les faveurs de tout le paysage de la NBA. Souvent considéré le porte-étendard des basketteurs américains de par ses prises de position fréquentes et son refus de “se taire et de dribbler” (Shut up and dribble), LeBron James, estime que le fait de refouler les parquets cet été ne l’empêchera pas d’être impliqué socialement. Le numéro 23 des Lakers a d’ailleurs annoncé, ce mercredi 10 juin, la création d’une association visant à promouvoir le vote des afro-Américains à quelques mois de l’élection présidentielle. Plus qu’un basketteur de génie, King James est un leader dont chaque intervention est écoutée avec attention. En atteste la réaction de Patrick Beverley, l’un de ses adversaires les plus coriaces. Le rugueux meneur de jeu des Clippers a déclaré à travers un tweet : “Si LeBron dit qu’il veut jouer, on joue tous.” Les enjeux sont multiples pour la NBA en cette période, à savoir garder son attractivité sportive et économique durant sa reprise, ainsi que continuer d’être engagée socialement comme elle l’a toujours fait. Le basket américain est à un tournant important de son histoire…