Après plus d’1 an et demi passé en prison, le rappeur MHD a été remis en liberté conditionnelle. Ce qui n’a pas plu à tout le monde… 

C’était, il y a exactement 2 ans. Un soir de juillet 2018, Loic Kamtchouang était passé à tabac et avait laissé la vie aux mains d’une dizaine d’agresseurs, dans le 10è arrondissement. Sous cet homicide, se cachait en réalité un règlement de compte entre 2 quartiers : Les Charfourniers dans le 19ème arrondissement (dont est originaire MHD), et la Grange-aux-Belles et la Buisson-Saint-Louis dans le 10ème. Le prince de l’afro-trap avait été inculpé, notamment parce que son véhicule avait été retrouvé sur le lieu du meurtre et parce qu’un témoin affirme l’avoir vu, notamment grâce à sa teinture blonde. Une vidéo avait également tourné où on pouvait voir un jeune avec un survêtement Puma, qui était une édition qui n’avait pas été commercialisée au moment des faits, mais qu’MHD, de part sa collaboration avec la marque, avait en sa possession. Lui, il a toujours proclamé son innocence. Il avait cependant été placé en détention provisoire attendant son procès…

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Une association s’indigne de sa libération

En attendant, ce 16 juillet, Mohammed Sylla de son vrai nom a donc été libéré et placé sous contrôle judiciaire après 1 an et demi de détention provisoire. Si en droit français, elle est normalement d’1 an, le juge en charge de l’affaire avait demandé à ce qu’elle soit prolongée, faute d’avancement dans le dossier. Et alors qu’MHD a pu retrouver sa famille, profitant actuellement de sa liberté précaire, son cas sera à nouveau étudié ce 23 juillet devant la cours d’appel du Tribunal de Paris puisque le parquet a fait appel de sa remise en liberté conditionnelle. Si l’appel était reçu, et même s’il est toujours présumé innocent, il pourrait alors très bien retourné en prison. Mais certains, notamment sur les réseaux, se sont déjà insurgés de sa liberté conditionnelle, c’est aussi le cas de l’association l’UCE (l’Union des Camerounais à l’Etranger). En effet, le jeune Loic tragiquement décédé il y a 2 ans était d’origine camerounaise. C’est sur Twitter, que l’association a donc posté une lettre signée par Eric Kouatchou, président de l’association mais également journaliste et activiste dans son pays, lui même incarcéré récemment pour ses prises de position : “Cette remise en liberté est révoltante. Elle est un insulte faite à la famille de la victime. Nous rappelons que Loïc Jamtchouane, âgé de 23 ans seulement au moment des faits avait été écrasé par une voiture (celle de MHD), lynché, poignardé, zigouillé par une bande de gaillards, dans la nuit du 5 juillet 2018…” Rappelons à nouveau qu’à ce jour, MHD est, comme la loi française le stipule et ce, jusqu’au verdict final, présumé innocent.