La Défenseure des droits a réclamé des “poursuites disciplinaires” à l’encontre des policiers impliqués dans l’affaire Théo…

Le jeudi 2 février, un jeune homme nommé Théodore Luhaka, plus connu sous le nom de Théo était la victime d’une bavure orchestrée par 4 forces de l’ordre à Aulnay-sous-Bois. Après avoir été blessé avec une matraque télescopique au niveau de l’anus, lui causant une plaie longitudinale de 10 cm du canal anal, le jeune homme expliquait avoir subi des insultes racistes, ainsi que d’autres coups dans la voiture de police. En outre, il déclare avoir été pris en photo par les policiers en position humiliante. Considéré aujourd’hui comme l’un des symboles des violences policières, il est de nouveau au cœur de l’actualité. Ce 24 novembre, la Défenseure des droits (personne nommée par le président de la République pour défendre les droits des citoyens), Claire Hédon, a réclamé des poursuites judiciaires contre les 3 agents de police qui ont porté des coups ainsi qu’à l’encontre du 4ème qui a été “témoin de violences sans intervenir pour les empêcher.

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D’importantes sanctions disciplinaires

Claire Héron a adressé un rendu au ministère de l’Intérieur, et ce, après avoir récemment auditionné Théo et les 4 policiers. Cette dernière réclame des sanctions disciplinaires indépendantes du procès aux assises après les “manquements” et le non-respect de la déontologie par les forces de l’ordre durant l’intervention. Elle constate que “plusieurs gestes étaient disproportionnés”, à l’instar du “coup pointé” dans l’anus de Théo avec la matraque télescopique, qui, selon une expertise médicale de 2019, l’handicapera à vie. Le document rédigé par la Défenseure des droits met aussi en avant le fait que “rien ne pouvait justifier les coups portés après le menottage et la maîtrise” du jeune homme. De plus, il précise que les forces de l’ordre ont eu recours à des “coups de poing”, “de genou” et à l’usage de “gaz lacrymogène” comme le prouvent les vidéos extraites des caméras de surveillance.

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L’ancien commissaire d’Aulnay visé

La Défenseure des droits n’a pas accablé que les policiers au cours de son rendu, puisqu’elle réclame aussi des poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien commissaire divisionnaire d’Aulnay-sous-Bois. Ce dernier n’aurait en effet “pas mis en œuvre tous les moyens dont il disposait afin d’éviter les échanges entre les 4 fonctionnaires mis en cause” suite à l’interpellation de Théo. L’avocat de la victime, Antoine Vey, s’est montré ravi de cette prise de position, déclarant : “Nous sommes satisfaits de constater qu’une enquête minutieuse et objective vient confirmer l’ensemble des faits dont Théo a été victime”. Au début du mois d’octobre 2020, le parquet de Bobigny avait pour sa part réclamé un procès aux assises pour les 3 policiers ayant porté des coups à Théo, et un non-lieu pour le 4ème agent.