Les policiers mis en examen dans l’affaire Michel Zecler ont reçu le soutien financier de leur administration…

Les images étaient insoutenables. Le 21 novembre, une vidéo révélée par Loopsider montrait le passage à tabac d’un producteur de musique parisien, un professionnel évoluant dans le milieu du rap, que l’on connait bien, Michel Zecler. Roué de coups par 3 policiers (tandis qu’un 4ème regardait la scène sans intervenir), entre autres exactions, ce dernier avait finalement pu prouver son innocence grâce aux caméras de surveillance ayant filmé ce qui n’est autre qu’une (nouvelle) bavure. Mis en examen, les 4 hommes attendent aujourd’hui leur procès. 2 d’entre eux sont actuellement en détention provisoire, alors que les 2 autres sont sous contrôle judiciaire. Si Emmanuel Macron et Gerald Darmanin sont montés au créneau pour condamner cet acte, le journal Libération nous apprend que les forces de l’ordre inculpés recevront toutefois, comme la loi le permet, un soutien financier de la part de leur administration. Une aide déclenchée sur décision du préfet de police de Paris Didier Lallement. Cette dernière assurera aux 4 policiers “une prise en charge de leurs frais de justice par la collectivité publique [en symbole de] l’expression de la solidarité nationale”. Un soutien financier dont avait connaissance le ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin.

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Une loi aberrante

Chaque policier impliqué a dû faire une demande pour obtenir cette aide. Si leur hiérarchie estimait alors que les agents de l’ordre avaient commis une “faute personnelle”, elle était libre de ne pas accorder ce soutien à ses hommes. Mais, Didier Lallement a pour sa part estimé que ces derniers avaient commis une “faute de service” et a par conséquent accordé la couverture de leurs frais de justice. Une décision dont le verdict fait polémique puisqu’elle permet aux hommes en tunique bleue d’agir en toute impunité. Le ministère de l’Intérieur a pour sa part tenu à rappeler que cette attribution “avait été aussi octroyée dans les affaires récentes où des policiers ou des gendarmes ont été mis en cause”. Professeur de droit public à l’université de Grenoble-Alpes, Serge Slama est revenu sur la levée de cette protection fonctionnelle. “Certes les fautes sont graves mais on peut penser qu’elles sont également dues à un défaut d’encadrement, qu’il y a aussi faute de service et donc de l’Etat”, explique-t-il. Entre traitements de faveur et procédés douteux, difficile aujourd’hui de croire en une démocratie où l’homme n’est pas jugé en fonction de ses faits, mais de son statut…

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