Invité de Sept à huit, sur TF1, l’ancien footballeur Lilian Thuram a fait polémique après ses propos sur le racisme en France…

Champion du monde 98, le mythique défenseur de l’équipe de France Lilian Thuram était l’invité de l’émission de TF1, Sept à huit. Toujours très engagé à propos des grandes thématiques sociétales et plus particulièrement du racisme, l’ancien footballeur s’est notamment exprimé sur ce sujet qui demeure médiatiquement assez tabou. Il revient tout d’abord sur le fait qu’il a toujours eu à cœur d’expliquer à ses enfants, Marcus (23 ans) et Khéphren (19), tous 2 footballeurs professionnels, qu’en tant qu’hommes noirs, la vie serait plus dure pour eux en France. Un discours ayant un but particulier : “qu’ils ne soient pas surpris” par la discrimination raciale à laquelle ils pourraient être confrontés au quotidien.

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“Le racisme, c’est culturel”

Il démarre ensuite son argumentation avec des propos forts. “Le racisme, c’est culturel. C’est comme le sexisme, c’est culturel. L’homophobie, c’est culturel. Donc c’est partagé par beaucoup plus de personnes qu’on ne le croit.Un discours qui n’a pas manqué de faire grincer les dents de bon nombre d’observateurs sur la toile et qui n’est pas sans rappeler les paroles de Karim Benzema. Dans un entretien, l’attaquant du Real Madrid déclarait en effet que : ”Deschamps [avait] cédé sous la pression d’une partie raciste de la France” suite à sa non-sélection pour l’Euro 2016.

Thuram donne un exemple concret

Audrey Crespo-Mara, la journaliste en charge de l’entretien demande ensuite à Lilian Thuram si ses enfants sont encore confrontés à cela aujourd’hui. L’ancien footballeur rétorque alors : “Est-ce que le racisme existe encore ? Oui ! Donc ils le vivent”. L’ex-joueur de la Juventus Turin donne ensuite un exemple concret de cette discrimination quotidienne.Nous sortons du restaurant très tard, on essaie de prendre un taxi. Le 1er refuse de nous prendre, en disant : ‘Non, non, c’est pas moi, c’est l’autre…’ On arrive, [le 2ème] refuse de nous prendre. On se dirige vers le 3ème taxi et ce monsieur me dit : ‘Ah, Monsieur Thuram, vous allez bien ? Ils ne vous ont pas reconnu !’ Vous voyez la violence de cette phrase ?”, demande alors l’ancien compagnon de Karine Le Marchand à la journaliste. Le seul salut possible selon lui : avoir “le courage d’en parler, très clairement, calmement, sereinement”… Une rhétorique qui fait aujourd’hui débat, entre ceux qui se reconnaissent dans les propos de Thuram et qui reconnaissent le racisme systémique en France (hérité du passé colonial pour certain), et ceux qui sont choqués, estimant que la France n’est pas le pays décrit par ce dernier, d’autant que la France a permis à Liliam Thuram de concrétiser ses rêves et d’avoir le statut qu’il a aujourd’hui…

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Les bavures policières

Par le prisme du racisme, Thuram est également revenu sur une thématique qui demeure au cœur de l’actualité depuis plusieurs années en France : les bavures policières. “Pourquoi on contrôle plus souvent les personnes de couleurs non blanches ? Parce qu’inconsciemment ce sont des dangers. La question n’est pas de savoir si la police est raciste, mais pourquoi la police se comporte différemment avec certaines personnes ?L’ex-footballeur explique que les forces de l’ordre représentent l’Etat, et que le devoir de ce même Etat est de garantir l’égalité entre toutes les personnes, et ce “peu importe leur couleur de peau. Il confie ensuite avoir toujours expliqué à ses 2 garçons qu’en cas de problème avec la police, il était primordial de rester “très calme”, afin d’éviter tout débordement qui pourrait leur être fatal. Un discours clivant qui fera sans nul doute réagir l’extrême-droite…