Après la condamnation à 9 mois de prison du rappeur Pablo Hasél pour des tweets critiquant les forces de l’ordre mais aussi la monarchie, de nombreuses manifestations ont été organisées en Espagne. Plusieurs d’entre elles ont largement dégénéré.

Si le nom de Pablo Hasél n’est absolument pas connu en France, le rappeur originaire de Catalogne est au coeur d’une affaire sans précédent en Espagne. La semaine dernière, il a en effet été condamné à une peine de 9 mois de prison ferme après avoir été reconnu coupable d’apologie du terrorisme, mais aussi d’injures et de calomnies à l’encontre de la couronne et de l’Etat. La justice reprochait au rappeur, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró, plusieurs tweets datant de plus de 5 ans dans lequel il accusait  la police espagnole des tortures et des assassinats : 50 policiers blessés ? Si ces mercenaires de merde se mordaient la langue en bouffant une hostie, ils diraient qu’ils sont blessés (…) Tu tues un policier ? Ils sont capables de te chercher sous une pierre. Le police assassine ? Aucune enquête”. Déjà condamné dans le passé à plusieurs reprises après avoir fait référence à des groupes armés d’extrême-gauche, dont certaines sont considérés comme des organisations terroristes par les Etats-Unis, il refusait sa condamnation, s’était confié à l’AFP (Ils devront venir m’enlever et cela servira aussi à dépeindre l’État sous son vrai visage, celui d’une fausse démocratie”) avant de se réfugier dans l’université de Lerida, en Catalogne, d’où il a finalement été délogé mardi.

Une pétition pour le libérer, des incidents en Catalogne

Tandis que près de 200 personnalités, parmi lesquelles le réalisateur Pedro Almodóvar et l’acteur Javier Bardem, ont co-signé une tribune en sa faveur, de nombreux incidents ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi puis cette nuit dans plusieurs villes de Catalogne. A Barcelone, où 1 700 personnes étaient réunis pour demander sa libération, certaines ont profité de la fin de la manifestation pour mettre le feu à des poubelles et se confronter aux forces de l’ordre, un scénario similaire à ce qu’il s’est passé à Lerida, ville natale de Pablo Hasél où il s’était était caché.

Enfin, à Vic, une commune située à 70 kilomètres au nord de Barcelone, les manifestants ont attaqué un commissariat de police, faisant 11 blessés parmi les agents. Cette affaire, qui secoue le monde politique jusqu’au gouvernement socialiste au pouvoir, a d’ailleurs promis de réfléchir dans les semaines à venir à une réforme pour que les propos tenus dans le cadre de manifestations artistiques, culturelle ou intellectuelles, ne dépendent plus du droit pénal et ne puissent plus conduire à des peines de prison.