Reconnu coupable de corruption et de trafic d’influence, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été condamné à 3 ans de prison, dont 2 avec sursis.

Impliqué dans de nombreuses affaires depuis plusieurs années, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a aujourd’hui été condamné par la justice française dans l’affaire des écoutes liées à l’enquête autour du financement libyen de sa campagne présidentielle en 2006. Reconnu coupable de corruption et de trafic d’influence, il a ainsi écopé d’une peine de 3 ans de prison, dont 1 an ferme. La justice s’est donc montré plus clémente que les réquisitions du Parquet National Financier, qui avait réclamé une peine de 4 ans, dont 2 avec sursis. Il est ainsi le 2ème président de la Vème République a être condamné par la justice, 10 ans après Jacques Chirac qui avait écopé de 2 ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris. Nicolas Sarkozy ne devrait toutefois pas aller derrière les barreaux et bénéficiera d’un aménagement de peine.

2 autres condamnations

Dans ce dossier, 2 autres personnes ont également été condamnées, en l’occurrence l’avocat de Nicolas Sarkozy Thierry Herzog et l’ancien haut-magistrat Gilbert Azibert, à chaque fois à 4 ans d’emprisonnement dont 2 fermes. Pour rappel, dans ce dossier, la justice suspectait Nicolas Sarkozy d’avoir usé de son pouvoir afin de proposer un poste très prestigieux à Monaco à l’ancien haut-magistrat, en échange d’informations concernant une autre affaire, celle du financement libyen de sa campagne en 2006. Lors de son jugement, la présidente du tribunal correctionnel de Paris a évoqué la gravité des faits : “La preuve du pacte de corruption ressort d’un faisceau d’indices concordants (…) Nicolas Sarkozy s’est servi de son statut d’ancien président de la République. Les délits ont porté gravement atteinte à la confiance publique en instillant l’idée que les décisions de la Cour de cassation peuvent faire l’objet d’arrangements privés”. Sarkozy et les 2 autres prévenus devraient sans grande surprise faire appel de ces condamnations, ce qui aura pour effet d’ouvrir un nouveau procès où tout le dossier serait entièrement revu.