Protégé par Canal+ qui a volontairement supprimé des passages à charge du documentaire Je ne suis pas une salope, je suis journaliste, Pierre Ménès était présent dans l’émission TPMP.

Ce dimanche, avant la rencontre opposant Lyon au PSG, Canal+ diffusait le documentaire Je ne suis pas une salope, je suis journaliste de Marie Portolano. Cette dernière, qui souhaitait dénoncer le sexisme ambiant du journalisme sportif français, est ainsi allée à la rencontre de plusieurs femmes appartenant à ce milieu et qui ont eu le courage de parler. Et si beaucoup ont salué cette initiative particulièrement courageuse, une polémique est rapidement venue s’ajouter aux réactions. Le média Les Jours révélait en effet que le diffuseur avait volontairement censuré plusieurs parties dans lesquelles Pierre Ménès était accusé d’atteintes sexuelles graves, ayant embrassé de force plusieurs journalistes à l’antenne ou soulever le jupe de Marie Portolano sur le plateau du Canal Football Club, et était justement confronté à ces faits. Dans le viseur de nombreux internautes qui ont découvert ces faits et s’en sont légitimement indignés, Pierre Ménès était présent sur le plateau de TPMP ce lundi soir afin de tenter de se défendre.

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“Les gens ont raison d’être en colère”

Tandis que Cyril Hanouna a diffusé la fameuse séquence censurée où Ménès est en face-à-face avec Marie Portolano, le consultant-vedette du football sur Canal+ a d’abord regretté les menaces et les insultes dont il faisait l’objet, tout en expliquant qu’il comprenait les critiques : “C’est horrible pour moi et ma femme, qui se fait insulter. Il y a une déferlante de haine, de menace de morts. A base de  ‘Rends tes organes’. Je suis connu, je suis clivant. Je suis le chronique n°1 de l’émission n°1 sur le foot, je suis l’homme à abattre ( …) Quelque part, je le mérite un peu. Parce que les images, aujourd’hui, elles sont choquantes. Je ne peux pas comprendre les insultes et les menaces de mort. Mais je comprends qu’on me critique, même de manière violente. Les gens ont raison d’être en colère, de m’en vouloir”.

“Je n’étais pas dans mon état normal”

Réagissant à la polémique, il dit ne pas se souvenir du moment où il a soulevé la jupe de sa collègue et explique… qu’il n’était pas dans son état normal en raison de sa maladie : “Dans cette séquence, je dis une seule connerie, c’est que je le referai. Quand Marie m’assène cette histoire de jupe, je suis estomaqué. Les faits remontent au 28 août 2016. C’était ma dernière émission avant que je tombe malade et que je disparaisse des écrans. Je pense que je n’étais pas dans mon état normal. J’avais le masque de la mort (…) On n’en a jamais reparlé avec Marie. Je l’ai découvert lors du tournage. J’ai essayé de fouiller un peu dans ma mémoire et de retrouver cette séquence, ce que je n’arrive pas encore à faire aujourd’hui (…) Je n’ai pas demandé à ce que la séquence ne soit pas diffusée. Je n’ai pas été choqué par son contenu”.

“On ne peut plus rien dire, on ne plus rien faire”

S’il dit donc comprendre que ces actes peuvent choquer, Pierre Ménès accuse tout de même notre époque, expliquant que selon lui, on ne pouvait plus rien dire ou faire, et parlant de chambrage : “Tout ce qu’on me reproche, le baiser à Isabelle Moreau pour la 100e du CFC, ça date. C’était il y a dix ans. A l’époque, tout le plateau est hilare, le public applaudit. Quand je vois la scène avec Francesca, je ne referais plus ça. Le monde a changé, c’est “Me too”, on ne peut plus rien dire, on ne plus rien faire. Si on ne peut plus chambrer une femme, c’est insupportable (…) Pour tout ce qui s’est passé, j’ai de profonds regrets, pour Francesca, Isabelle et Marie (…) Ma vie professionnelle a été jalonnée de filles. Je n’ai jamais eu de problèmes avec personne. C’est pour ça que je regrette l’image que certaines personnes me donnent. Je le vis mal, parce que ce n’est pas moi. Je ne suis pas comme ça et les gens qui me connaissent le savent. Mes proches savent très bien comment je suis”. 

Pour finir, il explique avoir changé son comportement et a affirmé qu’il ne referait plus ce genre de choses : “Ma femme me dit de faire attention à mon comportement. Mais j’ai déjà modifié beaucoup de choses depuis un moment (…) Ce que je pouvais me permettre il y a cinq ou dix ans, je ne peux plus le faire. Et je le regrette parce que je me freine. J’ai beaucoup changé, ça fait quatre ans et demi. Je suis beaucoup plus économe, apaisé. On ne me reprendra plus jamais à faire des choses comme ça. C’est intolérable en 2021”. De son côté, Canal+ ne semble pas plus inquiet que cela et n’a visiblement pas l’intention de prendre des mesures à l’encontre d’un Pierre Ménès plus critiqué que jamais. Espérons au moins que les réactions provoquées par cette affaire amènera à de réelles sanctions contre les futurs auteurs de ce genre d’actes obscènes…