Alors que les témoins se succèdent au procès de Derek Chauvin, de nouvelles images la mort de George Floyd ont été diffusées…

Jeudi 1er avril, se poursuivait à Minneapolis le triste procès de Derek Chauvin, le policier de 45 ans qui a tué George Floyd le 25 mai 2020. Mercredi 31 mars, 2 témoins oculaires avaient livré leur version des faits à la cour. L’occasion pour tous les acteurs de ce procès de découvrir plusieurs vidéos inédites de l’arrestation de George Floyd. Les 1ères confirmaient les éléments qui ont amené à la tragédie. L’origine de l’intervention des forces de l’ordre ce jour-là ? Un faux billet de 20 dollars, que George Floyd avait essayé d’utiliser dans une boutique pour s’acheter un paquet de cigarettes. Christopher Martin, le caissier de l’épicerie, s’en rend ait alors compte et décidait de prévenir son manager, qui avait bien précisé : chaque faux billet encaissé serait déduit sur le salaire de l’employé en question. Le manager envoie Christopher parler à Floyd, qui refuse de revenir dans l’échoppe. Le gérant décide alors d’appeler la police. Une situation qui aurait pu être évitée selon Christopher, qui déclare d’une voix emplie de culpabilité : “Si je n’avais pas encaissé le billet, tout ça aurait pu être évité”. Ont été aussi montrés aux 12 membres du grand jury les derniers instants de la vie de George Floyd, grâce aux images des caméras embarquées des policiers. Toutes sauf celle du principal accusé, Derek Chauvin. Durant les 2 dernières des 9 longues minutes de supplice (8 minutes et 46 secondes exactement), le corps de la victime a déjà l’air inerte, mais la police ne lâche pas son emprise, un des 4 agents s’agenouillant sur ses jambes, un autre sur son dos, et un 3ème, Derek Chauvin, sur son cou. Le tout malgré les supplications de la victime et des passants. Quand les secours arrivent, il est déjà trop tard. George Floyd est décédé. 

Des témoignages qui soutiennent la thèse de l’homicide

Jeudi 1 avril, c‘était au tour de 2 secouristes d’exposer leurs témoignages à la justice, dans le but précis de déterminer les raisons officielles de la mort de George Floyd. 1ère chose importante, les 2 ambulanciers ont bien confirmé que la victime était déjà morte lorsqu’ils sont arrivés sur la scène de l’interpellation. Derek Smith, l’un des 2 intervenants, déclare : “Quand je suis arrivé, il était décédé. Quand je l’ai déposé à l’hôpital, il était toujours en arrêt cardiaque”. En arrivant sur place, l’un d’eux explique qu’il tente de prendre le pouls de l’homme, mais qu’aucun battement n’est détecté. Il est alors précisé que le policier a maintenu son genou sur le cou de George Floyd pendant encore plus de 3 minutes alors qu’il était mort. Les 2 secouristes ont tenu à ajouter que Floyd était menotté et immobilisé pendant les faits. Autre personne appelée à témoigner : le supérieur de Derek Chauvin, le sergent Pleoger, qui a indiqué que la technique d’immobilisation utilisée lors de l’intervention était tout à fait réglementaire, mais ne devait pas être utilisée de façon aussi prolongée.

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Derek Chauvin (à droite) au procès qui se tient à Minneapolis
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Une dépendance aux opioïdes chez George Floyd

Témoignage différent, mais tout aussi important, celui de la conjointe de George Floyd, Courtney Ross, qui après avoir venté les côtés aimant et de bon père de son défunt compagnon, a aussi détaillé l’addiction aux opioïdes que le couple avait développé : C‘est une histoire de dépendance aux opiacés classique, comme tant d’autres personnes. On souffrait tous les 2 de douleurs chroniques, moi au cou, lui au dos. On possédait tout les 2 des prescriptions médicales. Et on est devenus addict. On a vraiment essayé de s’en sortir”. Le fléau national qu’est la dépendance aux opiacés a donc aussi touché le couple. Mademoiselle Ross confirmera aussi plus tard que George avait fait une overdose, ce qui lui avait valu quelques jours d’hospitalisation en mars 2020. Il était aussi sous l’influence de ces drogues avant sa tragique interpellation. Cette addiction constitue d’ailleurs la poutre sur laquelle la défense s’appuie pour innocenter son client. L’autopsie, elle, avait révélé ces traces de drogues dans l’organisme de l’homme de 46 ans, mais confirmait aussi que la cause principale de sa mort restait l’étouffement, et donc appuyait la thèse de l’homicide.

Manifestation George Floyd