Face à l’augmentation de la consommation de protoxyde d’azote ces dernières années, le 1er texte de loi sur le sujet est en pourparlers au parlement…

Appelé “proto” ou “gaz hilarant”, le protoxyde d’azote à vu son utilisation augmenter ces dernières années, la jeunesse en ayant fait l’une de ses drogues récréatives favorites. Une augmentation de la consommation de ce gaz servant initialement aux siphons de chantilly, qui a déjà poussée l’Assemblée nationale à voté une loi interdisant sa vente aux mineurs. Ce texte, voté par les députés, doit être maintenant examiné par le Sénat afin d’être officiellement validé. Une proposition de loi qui reflète l’inquiétude des autorités face à ce fléau, et qui tentera de couper court à sa mise en vente trop libre et bien trop laxiste. En effet, le protoxyde d’azote ne coûte pas cher du tout, pour moins de 10 euros, on peut se procurer entre une dizaine et une vingtaine de bonbonnes, et ce, dans presque tous les commerces alimentaires. Son inhalation, souvent effectuée par “ballon” (parce que le gaz est souvent placé dans des ballons d’anniversaire), présente de sévères risques. Vertiges, malaise cardiaque, perte de conscience, et même dans certains cas, la mort, voilà à quoi les plus jeunes s’exposent en consommant ce gaz, qui au final n’est pas si drôle que ça. Comme en témoigne la mort du jeune Yohan, 19 ans, en 2018, qui avait consommé ce gaz hilarant avec des amis. Un produit dont la mère du jeune homme, Nadine Grosdidier n’avait absolument pas connaissance : “Je ne savais pas du tout que cela existait […] on lui avait dit de faire attention à l’alcool et la drogue, mais ce produit-là, qu’ils ont découvert par Internet, pour eux, c’était du gaz hilarant, donc, c’était juste pour rire. Ils ne savaient pas que c’était mortel”.

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De réels risques pour la santé

Un impact sur la santé trop sous-estimé par ceux qui en font usage et qui à mené ces 2 dernières années à une augmentation des cas graves dû au protoxyde d’azote. Un nombre de cas graves qui aurait même doublé selon Nicolas Prisse, président de la Commission de lutte contre les drogues et les conduites addictives : “Ce qu’on a pu observer, ce sont des comportements de plus en plus addictifs avec des gens qui prennent régulièrement, et de manière chronique, ces capsules […] on a des consommateurs qui en prennent plusieurs centaines par jour” confit-il à l’antenne d’Europe 1. Et quand bien même le produit ne mène pas à une mort certaine, il laisse de graves séquelles sur les cerveaux, notamment chez les mineurs, qui représentent 15 % de ces cas graves : “Le gaz interagit avec la myéline qui entour les nerfs et peut donc entraîner des paralysies, des problèmes de sensibilité […] Ce sont des complications que l’on voit de plus en plus souvent”, poursuit Nicolas Prisse. Alors que certaines villes comme Montpellier ont pris les devants pour lutter contre ce problème, avec des arrêtés municipaux interdisant la consommation sur la voie publique de cette substance ainsi qu’avec une sensibilisation à la population, l’Etat semble désormais vouloir légiférer au niveau national afin de protéger les consommateurs de ce gaz aussi hilarant que dangereux.

Sensibilisation à MTP contre le gaz hilarant