Pour LIM, le rap français actuel manque beaucoup trop d’engagement et de consistence, ce qui dénature, selon lui, l’art du rap…

LIM a écrit ses lettres de noblesse dans le game à l’époque de l’âge d’or du rap français. C’est du côté de Boulogne-Billancourt et avec son groupe Mo’vez Lang qu’il a commencé à se faire connaître, aux côtés de Cens Nino et Boulox Force, eux qui en 1994 ont notamment accompagné Les Sages Poètes de la rue en tournée, LIM n’a alors que 16 ans. Proche de Booba un temps, en groupe ou en solo, son timbre de voix atypique et ses textes engagés (et hardcore) vont vite faire de lui un des rappeurs les plus reconnus de son temps, comme en témoigne le succès de sa mix-tape, produite sous l’étendard 45 Scientific et sortie en 2002 : Violences urbaines. Projet avec lequel il arrive à écouler plus de 10 000 exemplaires, ce qui reste une sacrée performance lorsque l’on sait que la tape n’avait même pas était distribuée dans les grandes enseignes et que le streaming n’existait pas. Mais malgré qu’il ait laissé son empreinte vocale et textuelle chez bons nombres d’auditeurs, LIM s’est fait de plus en plus discret au fil des années. Un détachement progressif avec la scène rap française comme si, plus les changements de valeurs et de codes se faisaient ressentir, plus LIM en devenait distant. C’est lors d’une interview accordée à Dems Media et publiée le jeudi 22 avril 2021 qu’il en a profité pour donner son avis sur la scène des jeunes rappeurs français.

LIM – Violences urbaines :

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Une perte des valeurs dans le rap français

Considéré comme un des pionniers du rap français hardcore, LIM a grandi et évolué avec un rap outils, un rap qui servait “à revendiquer”. Prendre la parole devait servir à faire avancer les choses ou au minimum à les dénoncer. Des valeurs fondamentales de cet art qui, selon lui, a presque totalement disparu : “On est loin de notre époque, les morceaux ne sont plus engagés. Ils sont engagés pour une meuf à l’hôtel, une Féfé, ou du Versace. Le rap ce n’est pas ça, faut arrêter”. Et lorsqu’on lui demande s’il écoute du rap actuel, voilà sa réponse : “J’ai jamais trop écouté, j’écoute quelques fois, il y a des trucs qui sont pas mal, d’autres moins. Tourner des clips en Ferrari et rentrer chez soi en bus, il y a un problème. A la base le rap, c’est un truc qui est fait pour retranscrire nos vies, essayer de faire passer des messages. Aujourd’hui, quand tu vois le rap, j’ai l’impression, ils sont tous blindés”. Une analyse qui rejoint l’un des derniers coups de gueule de Booba, qui, en s’en prenant à Zola, essayait de montrer du doigt les rappeurs qui s’affichent en gros gamos dans leur vidéo sur les réseaux ou dans leurs clips, mais qui se déplacent bien différemment dans leur quotidien. Par ailleurs, il est vrai que le rap a pris une telle ampleur durant cette dernière décennie qu’on le consomme plus qu’on ne l’écoute. Un paramètre qui a énormément influencé les codes du rap game, et un constat, au final, assez réaliste même si le rap a naturellement évolué dans ce sens…

Dans cette interview, LIM se confie également sur la retraite de Booba, sa marque de CBD ou encore ses anciennes mix-tapes Un petit moment de nostalgie pour tous les fans de rap français :