La présentatrice mexicaine Azucena Uresti a été ouvertement menacée de mort par le tout aussi célèbre que cruel Cartel de Jalisco.

Ce lundi 9 août, une vidéo a largement circulé sur les réseaux sociaux au Mexique. Dans celle-ci, un homme cagoulé se présentant comme étant Nemesio Oseguera Cervantes aka El Mencho, le boss du cartel mexicain de Jalisco, a décidé, dans un 1er temps, de mettre un immense coup de pression aux médias nationaux. En effet, selon lui, ces derniers, et plus particulièrement la chaîne Milenio Television, soutiennent de plus en plus les groupes de défense citoyens crées par la population pour combattre le Cartel de Jalisco New Génération (CJNG). Mais les menaces de celui qui se présente comme le patron de l’une des 5 organisations criminelles les plus puissantes du monde ne se sont pas arrêtées là. Il s’est ensuite adressé directement à une journaliste, Azucena Uresti, qui travaille comme présentatrice sur Milenio Tele : “Où que vous soyez, je vous retrouverai, et je vous ferai ravaler tout ce que vous avez dit, même si on m’accuse, après cela, de féminicide […] Les femmes qui vivent de leurs corps le font fièrement. Elles ne se cachent pas chez les médias ou dans des salles de rédaction pour faire leur argent”. Des propos qui soulèvent aussi la question de la vulnérabilité de la femme dans la société mexicaine, surtout lorsque l’on sait que dans la capitale de Mexico, plus de 10 d’entre elles meurent tous les jours. D’ailleurs, selon le centre des études stratégiques et internationales de Washington D.C, ces chiffres ont doublé en seulement 5 ans.

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La réponse d’Uresti

Des menaces qui en auraient fait taire plus d’un, surtout au Mexique, un pays où près de 124 journalistes ont été abattus depuis 20 ans. Malgré tout, la principale intéressée, visiblement pas découragée pour autant, s’est présentée comme si de rien n’était à l’antenne, et ce, quelques heures après la publication de la vidéo. Elle a tout de même profité du début de son journal pour faire le point sur sa situation : “Ce matin, un groupe criminel présumé à proférer plusieurs menaces à l’encontre de plusieurs médias, mais aussi directement envers ma personne, le tout motivé par rapport au travail journalistique que nous effectuons à Michoacán. En parallèle, la journaliste a été intégrée au programme de protection gouvernementale dédié aux journalistes et aux défenseurs des Droits de l’Homme au Mexique. Ce dernier offre à plus de 1500 personnes une protection rapprochée, mettant à leurs dispositions des agents formés 24 heures sur 24 ou encore des gilets pares-balles.

Un problème national

A noter que depuis l’élection d’Andres Manuel Lopez Obrador à la présidence mexicaine en 2018, 24 journalistes ont été tués. En 2020, le Mexique avait été tristement désigné par la commission de protection des journalistes comme étant le pays le plus meurtrier au monde pour la profession. Les menaces à l’encontre de Azucena Uresti sont considérées par le journaliste Hector de Mauleon comme étant “l’attaque la plus offensive jamais émise contre la presse par un groupe armée”. De son côté, le gouvernement s’est exprimé à travers son porte-parole, Jesus Ramirez Cuevas, en déclarant “que le gouvernement allait appliquer des mesures appropriées afin de protéger les journalistes et médias menacés”. Le CJNG continue malgré tout d’user de cette technique d’intimidation, lui qui est connu pour menacer via les réseaux sociaux la plupart de ses ennemis. Des menaces qu’il n’hésite pas à mettre à exécution lorsqu’elles ne sont pas prises au sérieux par leurs destinataires, comme en témoigne l’autre coup de pression émis contre la police mexicaine il y a quelques semaines. Le cartel avait ainsi menacé de tuer 2 agents des forces de l’ordre pour l’arrestation d’un membre de son organisation. 

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