Une milice citoyenne baptisée El Machete et constituée principalement d’indigènes mexicains a décidé de prendre les armes et de combattre l’oppression des cartels dans leur viille.

Alors que depuis les années 80, le contrôle exercé par les différents cartels (Sinaloa, Jalisco, Los Zetas…) sur la société mexicaine n’a fait que de se renforcer de jour en jour, certains citoyens ont récemment décidé de prendre eux-même la situation en main afin d’assurer leur propre sécurité et ainsi, se défaire de la tyrannie de ces puissantes organisations criminelles. Ainsi, plus de 50 mouvements d’auto-défense indépendants ont était dénombré dans le pays depuis les années 90. Et même si ces derniers sont principalement recensés dans les états de Guerrero et du Michoacàn, de nombreux indigènes résidant dans les montagnes de l’état du Chiapas, dans le sud du pays, ont récemment décidé de prendre les armes. Tous fédérés autour d’un seul nom, celui de leur milice citoyenne, El Machete, ils ont saccagé et incendié plusieurs bâtiments de la ville de Pantelho le 19 juillet dernier, tous appartenant à l’influent cartel de Los Herrera. Un gang qui, selon la population locale, a réussi à infiltrer et soudoyer leur municipalité. Le lendemain, les habitants, sous la houlette d’El Machete, se sont réunis en nombre afin de manifester, armes à la main, dans le centre-ville de leur commune.

El Machete

À LIRE AUSSI: Mexique : Le cartel de Jalisco menace une présentatrice télé mexicaine

Un état mexicain dépassé

La veille, El Machete avait déjà réduit à néant une douzaine de bâtiments du cartel, taguant explicitement sur les murs les messages suivants :Narcos out” et “Long Live El Machete. Un jeune membre de cette milice d’autodéfense a même déclaré à la presse : “On laisse leurs maisons dans le même état que celui dans lequel ils laissent nos proches après les avoir tué ou avoir volé leurs terres”. Cette situation dans le Chiapas est le fruit de plusieurs décennies d’abus de pouvoir de la part de ces mêmes cartels sur les communautés autochtones de la région, ainsi que du manque de considération et la négligence de l’Etat mexicain : “En l’absence de l’Etat et avec la présence du crime organisé, la communauté n’a pas eu d’autre choix que de former son propre groupe d’autodéfense”, a déclaré Marcelo Pérez, prêtre autochtone et militant des droits de l’Homme. Le passage à l’acte de ces groupes civils de défense résulte donc bien de la croissance de la violence dans le pays depuis plus de 40 ans. Car depuis 2006, et les mesures gouvernementales anti-drogues, plus de 300 000 meurtres ont été perpétrés au Mexique. Rien qu’en 2021, ce sont 14 243 homicides qui ont déjà été dénombrés d’après les chiffres du gouvernement.

El Machete 2