Les sites pornographiques pourraient être bloqués en France à partir de ce jeudi 9 septembre. La justice tranchera dans les prochaines heures.

Véritable fléau, l’accès à la pornographie chez les mineurs est devenu monnaie courante, à tel point que d’après un sondage réalisé par OpinionWay pour 20 minutes en 2018, 1 enfant sur 3 s’est déjà retrouvé devant un film X à l’âge de 12 ans. Alors qu’une telle précocité a forcément un impact néfaste sur le développement de la sexualité des mineurs, 2 associations de protection de l’enfance, e-Enfance et La Voix de l’enfant, ont pris le taureau par les cornes. Ils ont ainsi saisi le Tribunal de grande instance de Paris le 28 juillet, avec un but : obliger les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer les sites porno. D’ailleurs, la justice donnera son verdict à ce propos ce jeudi 9 septembre. Mais, pourquoi s’attaquer aux fournisseurs d’accès à internet plutôt qu’aux sites porno directement ? Car, selon Me Laurent Bayon, l’avocat des 2 associations, ces derniers sont intouchables : “Certaines sont domiciliées dans des paradis fiscaux. Il est impossible de contacter leurs éditeurs. Il y a une grande opacité qui fait qu’il n’est pas possible d’assigner les personnes qui en sont aux responsabilités. Tout est fait pour ne pas pouvoir les mettre en cause”, a-t-il confié à RTL.

Pornhub

Le gouvernement tarde à prendre les mesures nécessaires

En fin d’année 2019, le président de la République Emmanuel Macron avait appelé à un renforcement “de la responsabilité et des sanctions des sites pornographies qui permettent aux mineurs d’accéder à leurs contenus”. Une procédure visant à mettre en demeure les sites qui ne sécurisent pas suffisamment l’accès aux vidéos porno a d’ailleurs été engagée par le CSA. Toutefois, aucun décret d’application n’a pour le moment été publié par le gouvernement. C’est la raison pour laquelle ces 2 associations ont décidé de saisir directement le TGI de Paris. D’ailleurs, les fournisseurs d’accès à internet se disent prêts à bloquer les sites pornographiques instantanément en cas de décision favorable de la justice. Le groupe Altice, qui détient SFR, a déclaré à ce propos : “Les fournisseurs d’accès ne peuvent pas prendre l’initiative d’un blocage sans décision judiciaire. Mais nous appliquerons bien évidemment et avec diligence toute décision du juge qui nous demanderait de bloquer de tels sites”.

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