Netflix est au cœur de la tourmente après l’appel à la grève de certains de ses employés au lendemain de la diffusion du spectacle de Dave Chappelle, jugé homophobe et transphobe…

Il a fait du sarcasme et de l’humour noir son fonds de commerce. Plébiscité par le public, dont une partie le considère comme la référence, Dave Chappelle, célèbre humoriste irrévérencieux est au cœur de la polémique avec son nouveau one-man-show The Closer. Un spectacle pour lequel Netflix a déboursé 24,1 millions de dollars afin d’en avoir l’exclusivité et qui a d’ores et déjà connu un grand succès avec plus de 10 millions de visionnages. S’il a donc rencontré un engouement conséquent chez bon nombre de téléspectateurs (comme à l’époque de son spectacle 8:46 présenté sur YouTube), d’autres ont dénoncé un discours jugé transphobe et homophobe. Notamment la communauté LGBTQ+ qui a vu là une forme de discrimination à son encontre dans son show. Une polémique qui plonge Netflix dans la tourmente, puisque plusieurs dizaine de salariés, dont certains transgenres, ont appelé à la grève. 3 personnes ont d’ailleurs été suspendues par le géant du streaming, après qu’elles se soient introduites dans une réunion en visio-conférence à laquelle elles ne devaient pas avoir accès. Une employée a même été licenciée pour avoir communiqué à Bloomberg des chiffres confidentiels.

Dave Chappelle

L’affaire DaBaby atterrit dans le show…

Dans ce spectacle, Dave Chappelle avait d’abord créé la controverse en évoquant le cas de DaBaby et ses propos homophobes lors de son concert au festival Rolling Loud à Miami cet été. L’humoriste avait notamment dit – dans son spectacle bien évidemment – que désormais, pour le public, tirer sur un homme dans un magasin Walmart et le tuer était moins grave que de parler de la communauté LGBTQ. Evidemment, il comparait les conséquences médiatiques des propos du rappeur au festival, à celles de la fusillade dans un magasin Walmart (en Caroline du Nord) qui avait fait un mort et dans laquelle le Mc avait été impliqué… et qui avait finalement fait moins de bruit que ses déclarations au Rolling Loud. Puis le comédien avait comparé, avec un peu de provocation (mais n’est-ce pas son rôle ?), la polémique autour de DaBaby au sort qui lui était régulièrement réservé avec ses spectacles par ceux qui défendent la cause LGBTQ : “Toutes les questions que vous vous posiez à propos de mes blagues que j’ai sorties ces dernières années, j’espère pouvoir y répondre ce soir. Et j’aimerais m’adresser à la communauté [LGBTQ] directement. Je voudrais que tous les membres de cette communauté sachent que je suis venu en paix ce soir, et que j’espère pouvoir négocier la libération de DaBaby !”

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Netflix défend Dave Chappelle

Certaines associations sont montées au front, à l’instar de Glaad, une ONG spécialisée dans la surveillance du traitement médiatique, qui a condamné la plateforme. “Les règles de Netflix édictent qu’un contenu “incitant à la violence ou à la haine” n’est pas autorisé sur la plateforme, mais nous savons tous que c’est exactement ce que font les contenus anti-LGBTQ”. Malgré la polémique, la plateforme américaine Netflix continue quant à elle de camper sur ses positions, défendant Dave Chappelle avec vigueur.Bien que certains employés ne soient pas d’accord, nous sommes persuadés que ce qui est vu sur un écran ne se traduit pas directement par des conséquences dans le monde réel”, a déclaré le directeur général des contenus de la plateforme, Ted Sarandos, dans un communiqué relayé par le New York Times… Devenue persona non grata chez certains, l’humoriste peut compter sur le soutien d’autres personnalités comme la maire de Washington DC, Muriel Bowser, qui lui avait fait honneur en lui donnant les clés de la Ville en 2017. Alors que des pressions ont été exercées pour qu’elle retire ce titre honorifique à Dave Chappelle, la maire de DC a déclaré : “Je ne pense pas à lui retirer les clés de la Ville, je vois Dave comme un ami, et comme un artiste de génie.”