Après avoir utilisé une photo de Soprano pour montrer l’évolution de l’Homo Sapiens, une enseignante de Trappes a dû être mutée…

En décembre 2020, une enseignante de SVT du collège de Trappes, dans les Yvelines (78), avait été accusé de racisme par un parent d’élève. Cette dernière avait associé l’image d’un singe à celle du rappeur Soprano dans une frise chronologique au moment d’évoquer l’évolution de l’Homo Sapiens, à savoir l’homme moderne. Elle a confié à l’AFP : “Je n’ai vu aucun signal d’alerte pendant, ni après le cours, et j’utilise ce support pour illustrer cet enseignement depuis déjà plusieurs années à la demande d’un ancien élève qui souhaitait voir plus d’illustrations de personnes issues de la diversité”. Toutefois, quelques jours après le cours, un parent d’élève avait pris la parole sur Facebook afin de dénoncer cette comparaison : “Y’a rien qui vous choque. Ma fille elle m’a dit papa c pas normal en cours de SVT […] Education nationale de merde. FAITES TOURNE SVP ON DOIS PAS ACCEPTE” (sic), avait-il écrit.

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Mutée dans une autre région en France

Suite à cette publication, la professeure avait été convoquée par son directeur, qui estimait également que cette comparaison était raciste. La polémique a alors commencé à enfler sur les réseaux sociaux, au point que cette dernière ne craigne pour sa vie. “Je pense tout de suite à Samuel Paty et je me dis que c’est mon tour ”, a-t-elle expliqué sur BFM TV. Le professeur d’histoire avait, pour rappel, été décapité dans le même département 2 mois seulement avant cette affaire, pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. De son côté, l’enseignante de 35 ans a reçu une visite des forces de l’ordre qui l’ont missionnée de “quitter l’Ile-de-France au plus vite”. Mutée, elle travaille aujourd’hui dans une région qui n’a pas été dévoilée.

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Le parent d’élève condamné

Dans les colonnes de l’AFP, cette dernière a déclaré au sujet du parent d’élève ayant publié son post dénonciateur sur Facebook : “J’ai tout perdu, tout ce que j’ai construit depuis 10 ans, cet homme m’a volé ma vie et j’ai eu très peur pour ma vie”. En novembre, l’homme avait d’ailleurs été condamné par le tribunal de Versailles à 6 mois de prison ferme et 13 600 euros de dommages et intérêts pour harcèlement au moyen d’un service de communication au public en ligne. Il avait finalement été relaxé du chef d’injure publique envers un fonctionnaire par moyen de communication. Un appel est actuellement en cours…