Il aura fallu quelques heures à Booba pour réagir à la prise de paroles d’SCH ce vendredi 11 février pendant la cérémonie des Victoires de la Musique, alors qu’il prenait la défense du rap français…

Véritable électron libre de rap game français, le pirate des réseaux sociaux, Booba a trouvé le moyen de venir critiquer le discours livré par SCH ce vendredi 11 février lors de la cérémonie des Victoires de la Musique diffusée sur France 2. Une 37ème édition de cet évènement destiné à célébrer et récompenser les artistes de la scène musicale française, mais qui comme tous les ans, semble se désintéresser de genre musical le plus populaire en France, la musique urbaine, à savoir le rap, le R&B ou la pop urbaine, ou le ragga, etc… Un constat déjà porté cette année par des personnalités comme Cyril Hanouna qui, en janvier, appelait au boycott de l’émission et proposait de produire une cérémonie consacrée aux musiques urbaines afin de réparer cet affront fait aux artistes urbains, ou encore par le producteur, Tefa, qui publiait une tribune également dans ce sens. Sur la scène de la Seine musicale et devant les télé-spectateurs de France 2 ce vendredi, c’est SCH qui avait le cran de dénoncer la situation de sous-représentation de la scène rap notamment en lisant un discours très courtois, mais aussi très puissant, alors qu’Orelsan remportait 3 trophées (Artiste masculin de l’année, Chanson originale de l’année, et Création audiovisuelle de l’année pour sa série documentaire, Montre jamais ça à personne.), et qu’Aya Nakamura et le S, lui-même, étaient couronnés dans une nouvelle catégorie (comme pour justifier de la présence d’artistes urbains) : Albums les plus streamés par une artiste féminine et un artiste masculin. Ainsi, SCH saluait ses camarades du rap français (dont Gazo, Oboy, Naps, Laylow, Jul, Dinos, Soso Maness, ou encore Ninho), qui ont tous marqué l’année de leurs succès, “gêné” d’être là sans eux et rappelant qu’ils avaient bien plus leur place dans cette cérémonies que tous les artistes présents ou nominés cette année.

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Booba n’est pas d’accord

Si l’intervention de SCH était à saluer et l’a été, Booba a eu une autre lecture de la performance du rappeur marseillais. Kopp qui avait déjà validé la punchline de Benjamin Epps, qui faisait référence à son morceau Le Duc, en balançant : “Les rappeurs sont déclassés par SCH, Jul et Naps”, a ici critiqué le speech de celui qui était venu interprété Parano et recevoir sa statuette, revenant sur le fait que sa présence aux Victoires de la Musique n’était pas légitime, que son “apparence y était pour beaucoup, et que finalement il prenait la place des “négros” : faisant finalement une parabole avec sa propre punchline de son titre Le Duc en 2007 (“les négros sont déclassés par Pokora, Diam’s et Sinik). En story Instagram, sur un extrait de la vidéo du discours du S, Kopp écrivait : “@SCH t’es gêné car tu sais que tu l’as pas mériteyyyy ! Cette “victoire” tu la dois juste à ton jean Jean-Paul Gaultieeeyyyy… Les négros se sont encore fait voler en toute impunité” ! Dans une 2nde story, en faisant cette fois référence au tube de Dosseh, Habitué, il précisait : “On est habitués, habitués, habitués…” On aura compris que pour Booba se place, à nouveau, en tant qu’artiste issu de la communauté noir, dans laquelle est né le mouvement hip-hop et le rap, et qui constate que de nombreux artistes qui récoltent les fruits de la réussite dans ce genre sont bien souven tissus eux de la communauté blanche. C’est un constat, comme celui qu’il faisait à l’époque de la polémique autour de sa phase sur Diam’s, Sinik et Pokora. On peut en débattre…

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Et si il y avait débat ?

En parlant de débat, Kopp publiait une autre story IG, dans laquelle on pouvait lire une échange entre 2 internautes en commentaire d’un post, dont l’un expliquait qu’il aurait été préférable qu’SCH “refuse de participer à cette cérémonie, tandis que le 2nd apportait son analyse : pour lui, le S dénonçait “le privilège blanc et le racisme qui existe toujours en France”. Un point de vue que le boss du 92i a une fois encore commenté en revenant sur le clivage entre les blancs et les hommes de couleur, et le hiérarchie des “races, développant l’idée qu’on évoluait dans un système blanc, dont cette cette cérémonie était le parfait exemple, où seuls les blancs pouvaient siéger (en se cachant derrière les noirs, dont le système profite !) : “Il dénonce le privilège blanc, depuis les locaux du privilège blanc, en acceptant le prix du privilège blanc, assis à la table du privilège blanc, en remerciant le privilège blanc. D’ailleurs, il est blanc, vêtu d’un col roulé blanc… seuls ses yeux, sûrement rougis de honte, se cachent derrière  des lunettes noires. Le tout ponctué par l’emoji  drapeau pirate !