5 personnes dont le propriétaire du site porno Jacquie & Michel, et sa femme, ont été placées en garde à vue ce mardi 14 juin, après l’ouverture d’une enquête en 2020…

Après son succès chez les amateurs de films X, les traits d’humour autour de son nom et de ses slogans (“Merci qui ?”), et les incursions du site porno français dans le monde du rap comme en 2017 quand il saluait la plume de Damso ou l’arrivée de Mister V sur la scène rap, ou que Seth Gueko faisait une apparition dans une vidéo de la plateforme en 2019 pour la sortie de son 9ème album, Destroy, le ciel semble s’être assombri au dessus de Jacquie & Michel, mais surtout de ses responsables. En effet, le propriétaire, Michel Piron (64 ans), et sa femme Araceli (60 ans), ainsi 3 autres personnes (parmi lesquelles des réalisateurs) ont été placés en garde à vue ce mardi 14 juin. Et la situation semble être grave tant les accusations sont lourdes. Ils sont tous entendus dans une enquête pour “viols (en réunions) ou “complicité de viols, “proxénétisme, “agressions sexuelles et “complicité de traite d’êtres humains, ouverte à Paris en février 2020 après des signalements déposés auprès du parquet de Paris par 3 associations féministes (Osez le féminisme, les Effronté-es et le mouvement du Nid). Celles-ci avaient reçu des témoignages d’actrices qui disaient avoir été contraintes à des “pratiques sexuelles” dont elles n’étaient pas consentantes, et donc avoir été abusées lors de tournages (entre 2009 et 2015) de vidéos destinées au site de divertissement pour adultes.

Selon le propriétaire et ses acolytes, pour leur défense, le site Jacquie & Michel n’est qu’un diffuseur de vidéos, qui n’est pas responsable des conditions de tournage. “Michel Piron a toujours sollicité à être entendu par les enquêteurs et à répondre ouvertement à leurs questions… Il s’est toujours dit du côté des victimes si des actrices ont subi des actes de violences sexuelles qu’il ignorait parfaitement”, a indiqué l’avocat du groupe Arès, détenteur du site (et de revues autour du X), Me Nicolas Cellupica, qui a ajouté : “Le groupe ‘Jacquie et Michel’ n’a jamais produit ou réalisé de film et n’est que diffuseur de films réalisés par des producteurs indépendants”, puis, “la pornographie n’a jamais été assimilée à de la prostitution: une actrice porno n’est pas une prostituée et un réalisateur ou diffuseur n’est pas un proxénète”. L’enquête confiée à la police judiciaire doit donc s’attacher à prouver qu’il existe un lien de subordination entre les responsables de la plateforme créée en 1999 et les auteurs des vidéos.

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 Nikita Belluci témoigne…

Parmi les 7 victimes entendues par la justice dans ce dossier, on retrouve l’actrice et productrice Nikita Belluci qui s’est exprimée sur BFMTV. Elle-même victime dans cette affaire, elle a raconté sur la chaîne d’informations continues ce qu’elle a vécu. En 2012, en marge d’un salon consacré à l’érotisme, elle explique qu’un caméraman qui devait filmer une scène, avait apporté de l’alcool, et alors qu’elle était dans un “état second”, en avait profité pour avoir un comportement abusif envers elle. Un tournage dégradant donc, dont le site spécialisé dans les films dits “amateurs était bien au courant, selon elle, puisqu’en diffusant la vidéo, ils avaient choisi un titre qui évoquait la situation dans laquelle la séquence avait été réalisée, faisant ainsi référence à “son état second”, et l’abus exercé à son égard. Pour Nikita Belluci, qui avait déjà ces pratiques dans une enquête de 20 Minutes en 2021. il est évident que le site n’est pas un simple diffuseur, et qu’il y a bien un lien de subordination entre ses responsables et les réalisateurs. En cas de mise en examen du propriétaire de Jacquie & Michel, les associations à l’initiative de cette procédure ont demandé à ce que le site soit fermé.

Une autre enquête menée à Paris depuis 2020, et les révélations du journal Le parisien, a également fait trembler le monde du porno français en visant le mode de fonctionnement de la plateforme “French Bukkake, spécialiste du porno amateur trash. Le site a fait l’objet de mises en examen contre ses producteurs, après qu’une cinquantaine de victimes aient été identifiées par les enquêteurs. Ainsi 12 personnes, dont les producteurs Pascal OP et Mat Hadix (également producteur pour Jacquie & Michel), sont poursuivies dans cet autre dossier où les chefs d’accusation “traite d’être humains aggravée”, “viol en réunion” ou “proxénétisme aggravé” sont également cités. Mais alors que les procédures suivent leur cours, le site Jacquie & Michel avait tenu à prendre les devants et protéger le monde du porno de ses dérives, en mettant en place une charte déontologique pour défendre un porno plus ”éthique”. Ainsi, le 20 novembre 2020, la plateforme diffusait sa charte qui édictait les règles qui avaient pour objectif de “protéger l’ensemble des participants à la réalisation de contenus susceptibles d’être distribués et diffusés par ses différents studios.”