RAE SREMMURD : YES THEY CAN ! (L’INTERVIEW)

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On connaissait la Thug Life de 2Pac ou encore la Good Life de Kanye West… depuis le succès planétaire du banger Black Beatles, il faut désormais compter avec la Sremm Life de Rae Sremmurd. Derrière ce blase énigmatique et, avouons-le, assez difficile à prononcer en VF, on trouve donc 2 frangins – qui ont popularisé le #MannequinChallenge – : Khalif ‘Swae Lee’ Brown, 21 ans et Aaquil ‘Slim Jxmmy’ Brown, 23 ans, produits par la machine à tubes Mike WILL Made-It (à l’origine de Black Beatles). Loin d’être un boys band préfabriqué ou un simple effet de mode, le tandem de passage à Paris nous ouvrait les portes de son univers, et dans sa loge particulièrement enfumée du Cabaret Sauvage…


 

Depuis notre plus jeune âge, on a essayé de faire
notre propre argent. A 13 ans, on vendait des bonbons…” 

R.A.P. R&B : Pour commencer, un petit mot sur le bled d’où vous venez, et votre enfance ?

Slim Jxmmy : On vient du Mississippi, de Tupelo. Ça tue là-bas. On a tous nos potes, même si en grandissant, beaucoup sont partis. Notre culture vient de là, c’est aussi là où on a commencé. Que de l’amour pour cet endroit ! On vient d’une petite ville, tout le monde se connaît, on fait tous la fête ensemble.

Swae Lee : On a grandi avec nos parents. Ils se sont bien occupés de nous. Ma mère était dans l’armée donc on déménageait beaucoup. On n’avait pas beaucoup d’argent, juste de quoi vivre. On était des élèves très assidus à l’école, on ne rigolait pas avec ça. Après, il faut pas croire, on était des enfants turbulents aussi. Très rapidement, j’ai découvert le logiciel Fruity Loops, j’ai commencé à faire des beats. J’avais 10, 11 ans. A l’époque, on habitait dans le Texas, après, on a bougé au Maryland puis au Mississippi.

R.A.P. R&B : Qu’est-ce que vous ont apporté tous ces déménagements ?

Swae Lee : C’était tranquille pour nous. On était toujours ces mecs qui viennent d’ailleurs. Les gens se disaient, ces mecs sont cools. A chaque nouvelle ville dans laquelle on habitait, on se faisait de nouveaux amis. On était des gamins sympas, sur le droit chemin donc c’était facile…

Slim Jxmmy : Ouais grave… J’vais pas te mentir, j’ai zappé la question (Il tire sur un gros joint de weed, Ndlr). Non, en vrai, tout ça, ça nous a empêché de voir petit, ça a ouvert notre esprit. Et comme on bougeait tout le temps, on était pas pris dans les différentes embrouilles des autres gosses.

R.A.P. R&B : Vous avez commencé la musique très jeunes, quelles ont été vos influences ?

Slim Jxmmy : Je ne me rappelle pas vraiment quelle a été la 1re musique qui m’a marqué. Ma mère écoutait de tout. Elle aimait bien le rap, les 1ers classiques du rap. Moi, j’aimais beaucoup Talib Kweli, les trucs old-school comme Nas, Jay Z. On était des mecs du Sud donc on écoutait aussi beaucoup d’artistes de là, Gucci Mane, toute la Trill Fam, Boosie. On a aussi des influences de la côte ouest, on écoutait Dj Quick.

Swae Lee : Même des gens comme Michael Jackson ou Prince… Moi, je me rappelle d’un banger de Mike Jones, Still Tippin, c’était un truc de fou. La manière dont il balançait son flow sur cette chanson, c’était un truc de fou pour moi. Ça, c’est le son qui m’a marqué très jeune, quand j’ai commencé à faire de la musique. Les 1ers instrus que je faisais à 10, 11 ans étaient dégueulasses, c’était que boom, boom, boom, clap clap clap. Du coup, j’écoutais beaucoup la radio en allant à l’école. Je faisais des prods tous les jours, je commençais à m’améliorer doucement. A 15, 16 ans, je pouvais te faire un beat trap tellement bon. On avait déjà notre propre groupe. Slim faisait aussi quelques instrus, mais il était aussi super bon pour les mélodies. Par la suite, il s’est plus concentré sur le rap.

R.A.P. R&B : Très tôt vous avez été indépendants, vous viviez en faisant de petits boulots. C’était quoi le plus dur ?

Swae Lee : En vrai, c’était super marrant. J’avais environ 16 ans, mon frère, 18. On est parti de la maison, on était trop dans le rap. On s’est dit : vas-y, on part, on essaie de faire notre truc. On s’est trouvé notre propre maison où squatter. A partir de ce moment-là, on n’a compté que sur nous-mêmes. On a fait des petits boulots. Depuis notre plus jeune âge, on a essayé de faire notre propre argent. A 13 ans, on vendait des bonbons à la sortie de l’école. J’ai commencé par bosser au McDo moi, pendant 2 ans.

Slim Jxmmy : Le McDo, c’était super relou. Moi, j’y ai bossé en 1er comme je suis le plus vieux. On n’avait pas besoin de beaucoup à l’époque. Après, on a bossé dans une boîte qui produisait de la mousse, on faisait des oreillers en mousse. C’était ouf !

Swae Lee : En parallèle, on faisait notre musique. On mettait nos sons sur Youtube, on faisait 7000 vues, on pétait un câble. Un jour, on a fait 83 000 vues, on a trop kiffé. On participait aussi à des événements, on a fait une audition pour BET. Il y avait 116 groupes, on a terminé 1er. On avait fait suffisamment d’argent pour aller à New York, on est parti là-bas. Là, on a gagné un autre concours. Notre ville voyait ça et commençait à penser qu’on pouvait percer. Après ça, on a bougé de Tupelo à Atlanta.

“Black Beatles a failli ne pas être sur l’album.
On l’a fait 3 jours 
avant la fin de l’enregistrement…” 

R.A.P. R&B : La rencontre déterminante dans votre parcours, c’est celle de Mike WILL Made-It qui vous signe sur son label Ear Drummers. Comment ça s’est passé ?

Swae Lee : On s’est retrouvé à un concert à Atlanta en 2014. Nous, on venait d’arriver, personne ne nous connaissait. On était dans le turn up, plein d’énergie. Il nous a repérés et Rae Sremmurd est né. Nous, on connaissait Ear Drummers, bien avant Tupac Back (un morceau de Meek Mill et Rick Ross sorti en 2011, Ndlr). Pas longtemps après, on a déménagé à Atlanta. On a enregistré Sremm Life 1 dans la foulée, dans la cave. Mike venait, il nous donné des instrus, nous encourageait. On a fait No Flex Zone (leur 1er succès, Ndlr). Là, on a enchaîné les showcases en club. On faisait 2 clubs par soir dans tous les Etats-Unis.

R.A.P. R&B : Quand on bosse entre frères, il y a des embrouilles sur le choix des morceaux ?

Swae Lee : Quand tu fais un banger, tu le sais généralement. Mais par exemple, Black Beatles a failli ne pas être sur l’album. On l’a fait 3 jours avant la fin de l’enregistrement du projet. On a dû enlever une chanson de l’album pour la mettre. On crée tout le temps de nouveaux titres. On se pose pour se dire quelle est la meilleure chanson et on choisit comme ça, ensemble.

R.A.P. R&B : Un mot sur la création de ce titre, votre plus gros hit…

Swae Lee : On a une maison en Californie. J’étais dans mon home-studio. Mike WILL m’envoie ce beat. Je me suis enregistré direct. J’ai fait mon couplet. A cette époque, Gucci sortait tout juste de prison. Il avait déjà dit à Mike WILL qu’il aimait bien ce qu’on faisait. On lui a envoyé la maquette, il a posé dessus. Là, on s’est dit : il faut que ce titre soit sur l’album. On n’a pas dormi, on l’a mixé. Slim a fait son couplet, on a arrangé tout ça et c’était parti. C’était la chanson qui manquait au projet.

R.A.P. R&B : Black Beatles a été à la BO du phénomène Mannequin Challenge. Quel a été le Mannequin Challenge le plus ouf que vous ayez vu ?

Swae Lee : Celui de Paul McCartney probablement. Parce que lui, c’est un vrai Beatles. En vrai, tout le monde l’a fait c’est chaud. J’ai même vu des chiens le faire !

R.A.P. R&B : Il y a beaucoup de jolies filles dans vos clips. Si vous deviez choisir quelques femmes célèbres pour apparaître dans votre prochain clip, quel serait votre choix ?

Swae Lee : Je sais pas. Moi, j’aime bien rencontrer de nouvelles filles et en faire des stars (rires). Si je connaissais des actrices françaises, j’en prendrai peut-être…

Slim Jxmmy (il s’était un peu assoupi et se réveille) : Je me suis endormi… ! Si je devais prendre des filles… heu… dans un prochain clip… je prendrais Zoe Kravitz et Keke Palmer !!!


LA SREMM LIFE POUR LES NULS

A la base, Rae Sremmurd, ce n’est ni plus ni moins que le nom de leur label Ear Drummers à l’envers. De cette anecdote, les 2 frangins ont créé 2 albums, Sremm Life et un véritable lifestyle. Mais comment vivre selon les principes de la Sremm Life ? Selon Swae Lee, La Sremm Life… : “c’est être : Être soi-même. Ne laisser personne te fixer une limite. Et faire ce qui te semble le meilleur !” A cela, Slim Jxmmy ajoute et conclut : “Turn up. Skurt skurt. Paw paw !!! Voilà, la définition de la Sremm Life.”


Pour découvrir l’histoire du #MannequinChallenge, qui a permis de propulser le morceau phare du groupe Rae Sremmurd au sommets des charts internationaux, clique ici !